Le Japon connaît une affluence touristique sans précédent depuis la réouverture complète des frontières en 2022. En 2024, plus de 36 millions de visiteurs ont foulé l’archipel. Cette affluence représente une augmentation de 47,1 % par rapport à 2023, dépassant le précédent record de 31,9 millions établi en 2019. Cette reprise rapide est attribuée à plusieurs facteurs, notamment la faiblesse du yen, la réouverture des frontières après la pandémie, et des mesures de visa assouplie.
Surtourisme dans les grandes villes, pression sur les infrastructures locales, fiscalité jugée trop souple pour les étrangers : plusieurs mesures entrent en vigueur en 2026. Certaines concernent la détaxe à l’achat, d’autres la fiscalité locale, et quelques-unes visent à mieux réguler les accès aux sites.
Voici une synthèse des principaux changements à venir pour les visiteurs étrangers à partir de 2026.
Plusieurs préfectures ou communes songent à introduire ou à réviser les taxes de séjour (宿泊税, shukuhakuzei) pour lutter contre le surtourisme et financer les infrastructures locales. Citons :
Kyōto (京都) modifiera sa grille de tarifs, qui existe depuis 2018, à partir de mars 2026. Cette mesure vise à limiter les séjours de luxe et redistribuer les recettes dans les zones résidentielles affectées par le tourisme.
À partir d’avril 2026, une taxe de 100 à 500 ¥ par nuit sera instaurée dans l’ensemble de la préfecture d'Hokkaidō (北海道), selon le prix de la chambre.
Fuji-Kawaguchiko (富士河口湖町) et Fuji-Yoshida (富士吉田市) introduiront en cours d'année une taxe de 100 ¥ par nuit pour les touristes logeant dans ces deux communes au pied du Mont Fuji.
Lors d'une réunion le 27 mai 2025, la préfecture d'Okinawa (沖縄県) a annoncé son objectif de dépasser 1 000 milliards de yens de revenus touristiques annuels en 2025 et d'accueillir 10,4 millions de visiteurs, dépassant le record de 10,18 millions en 2018. Pour atteindre ces objectifs, Okinawa prévoit d'introduire une taxe de séjour durant l’exercice fiscal 2026. Toutefois, aucun montant précis n’est encore communiqué, mais la collecte se ferait via les hébergements au moment du check-in ou check-out — à l’instar de Tokyō, Ōsaka ou Kyōto.
Par exemple, lors de mon prochain séjour à Kyōto, je devrai m'acquitter auprès du loueur de 4 400 ¥ de taxe de séjour. Ceci étant payé séparément de la location, il faut y penser. Par contre, à Tokyō, aucune de mes nuits n'excède 10 000 ¥, donc j'en suis exonéré.
À partir du 1er novembre 2026, les touristes étrangers ne bénéficieront plus de la détaxe immédiate lors de leurs achats. Fini les boutiques Tax-Free où l’on ne paye pas les 10 % de taxe à la consommation : désormais, il faudra payer la TVA à l’achat, puis se faire rembourser à l’aéroport ou au port de sortie.
Ce remboursement s’effectuera :
Autre nouveauté :
Le gouvernement japonais souhaite ainsi limiter les abus, notamment les reventes illégales sur le sol japonais. D'aucuns y voient déjà un allongement des délais d'attente à la douane.
Si, à l’échelle nationale, le ministère du Tourisme n’a pas encore légiféré. Les débats continuent, notamment dans les régions surfréquentées et certaines communes prennent déjà des mesures. Je pense notamment à Himeji qui, pour limiter l'afflux au sein de son château, mettra un système en place à partir de mars 2026.
Ainsi, les non-résidents (nationaux hors Hyōgo ou étrangers) paieront entre 2 000 et 3 000 ¥, contre 1 000 ¥ pour les résidents. Ce tarif majoré ne cible donc pas spécifiquement les non-Japonais, mais tous les non‑résidents (résidents japonais hors commune inclus).
Le gouvernement japonais envisage d’imposer une assurance santé privée aux visiteurs étrangers, afin de couvrir d’éventuels frais médicaux durant leur séjour. Ce projet inclurait également un contrôle des dettes médicales précédentes : un touriste ayant laissé une facture impayée lors d’un précédent voyage pourrait se voir refuser l’entrée. Aucune date d’application n’a encore été annoncée, mais la mesure figure dans les orientations économiques à moyen terme du gouvernement.
Personnellement, je ne pars jamais au Japon sans assurance. Entre les séismes, les typhons, les risques sanitaires ou même une simple fracture, mieux vaut être préparé. Les frais médicaux peuvent grimper très vite – et qu’en est-il d’un éventuel rapatriement ? Ce type de couverture me semble indispensable… même sans obligation légale.
Cette mesure, comme la mise en place du JESTA, n'est pas pour 2026, mais préparez-vous.
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Ces nouvelles mesures s'ajoutent à celles déjà en place, comme les frais d'entrée et le quota journalier instaurés pour l’ascension du Mont Fuji, ou encore les restrictions à Kyōto pour préserver le quartier de Gion, où seule la rue principale Hanamikoji-dōri (花見小路通) demeure accessible aux visiteurs (voir le plan ci-contre).
Certains touristes peuvent y voir une entrave à leur liberté, mais que répondre ? À Rome, faites comme les Romains. Le surtourisme est un véritable fléau, et en tant que voyageur, je sais que j’y contribue moi aussi. Alors, si cela permet de préserver durablement la beauté et l’authenticité du Japon, et d’assurer la qualité de nos séjours futurs, je suis prêt à respecter ces règles et à accepter un coût supplémentaire.
Et vous, jusqu’où seriez-vous prêts à aller pour que le Japon conserve tout son charme face au tourisme de masse ?
Et comme je sais que vous n'en avez pas assez... Voici quelques augmentations prévues en 2026...
Selon l’IATA (Association du transport aérien international), les tarifs aériens mondiaux ont augmenté de +12 % en 2023–2024, et une nouvelle hausse de 8 à 10 % est prévue en 2025–2026. Les raisons sont multiples :
Je ne vous donnerai pas le montant que j'ai payé pour mon prochain séjour, mais il est près de 60% supérieur à celui que j'ai payé pour mon premier voyage, en 2017...
Après JR Hokkaidō et JR Kyūshū en 2025, JR East a déposé une demande pour augmenter ses tarifs de 7,1 %, en moyenne :
Le tarif de base sur la Yamanote Line passera de 150 ¥ à 160 ¥.
Cette première hausse depuis la privatisation en 1987 doit financer la sécurité, la maintenance du réseau, et freiner les effets de la hausse des coûts (salaires, électricité, carburants…).
À partir de mars 2026, les compagnies JR supprimeront les billets aller-retour et les packs “multi-ride” long parcours (> 601 km), notamment sur les Shinkansen. Les réductions associées (environ -10 %) disparaitront également.
(1) Pour rappel, la Douane française limite à 430€ la valeur totale des marchandises admise en franchise douanière (par personne) si vous revenez d'un pays hors U.E en avion. Si vous achetez des objets ou rapportez des quantités dépassant ces seuils, vous devrez alors déclarer les marchandises à la Douane et payer des droits de douane.
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