Depuis la mise en ligne de mon article "Ce qui change au Japon pour les touristes en 2026" en juillet 2025 - article le plus consulté du blog, je vous en remercie - certaines choses ont évolué. Voici donc une petite mise à jour (février 2026).
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Plusieurs préfectures et communes introduisent ou révisent leurs taxes de séjour pour lutter contre le surtourisme et financer les infrastructures locales. En 2026, la tendance est clairement à l'augmentation, avec des dispositifs parfois cumulatifs.
Kyōto (京都) modifie sa grille de tarifs à partir de mars. Cette mesure vise à limiter les séjours de luxe et à redistribuer les recettes dans les zones résidentielles. Les nouveaux tarifs par personne et par nuit sont :
À partir d’avril, une taxe de 100 à 500 ¥ par nuit sera instaurée dans l’ensemble de la préfecture d'Hokkaidō (北海道). Attention : dans les stations comme Niseko ou Kutchan, cette taxe préfectorale s'ajoutera aux taxes municipales déjà existantes (souvent 2 % du prix de la chambre), rendant ces séjours particulièrement coûteux.
La préfecture d'Okinawa (沖縄県) introduit également sa taxe durant l’exercice fiscal 2026. Le montant retenu est un tarif fixe de 200 ¥ par nuit et par personne, afin de simplifier la collecte dans les petites structures des îles archipels.
Fuji-Kawaguchiko (富士河口湖町) et Fuji-Yoshida (富士吉田市) harmonisent leurs tarifs avec une taxe de 200 ¥ par nuit pour les touristes logeant au pied de Fujisan (富士山).
D'autres municipalités rejoignent le mouvement pour avril 2026 : Kanazawa (金沢) prévoit d'augmenter son plafond à 1 000 ¥ pour les hôtels de luxe, et Takayama (高山) étudie un passage au tarif unique de 200 ¥ pour tous les hébergements, sans exception.
Lors de mon prochain séjour à Kyōto, je devrai m'acquitter auprès du loueur de 8 000 ¥ de taxe de séjour. Ceci étant payé séparément de la location, il faut y penser. Par contre, à Tokyō, aucune de mes nuits n'excède 10 000 ¥, donc j'en suis encore exonéré.
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À partir de l'année fiscale 2026 (avec une mise en application généralisée prévue pour le 1er novembre 2026), le Japon abandonne son système de détaxe directe en magasin.
C’est la fin du prix "Tax-Free" payé immédiatement en caisse sur présentation du passeport.
Désormais, le fonctionnement sera calqué sur le modèle européen :
Le gouvernement introduit toutefois deux simplifications majeures pour compenser la lourdeur du remboursement :
L'objectif affiché par le ministère des Finances est d'éradiquer la revente illégale de produits détaxés sur le sol japonais par certains visiteurs. Pour nous, voyageurs, cela signifie qu'il faudra prévoir un budget initial plus élevé (incluant les 10 % de taxe) et surtout arriver beaucoup plus tôt à l'aéroport le jour du départ pour effectuer les formalités de remboursement.
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Pour 2026, l'arrivée au Japon a été simplifiée techniquement pour réduire les files d'attente qui devenaient ingérables à Narita et Haneda.
Le concept : Une seule borne pour tout faire
Auparavant, vous passiez devant un officier de l'immigration, puis vous récupériez vos bagages, puis vous passiez devant un douanier. Puis cela a été simplifié avec des bornes qui facilitaient le passage en douane.
En 2026, le système Joint Kiosk fusionne ces deux contrôles. Le fonctionnement pour nous, touristes :
Ce nouveau dispositif permettrait de réduire le temps d'attente moyen de 20 minutes par passager. Les bornes sont également adaptées aux personnes en fauteuil roulant, assurant une accessibilité totale.
Notez que, même si vous utilisez le Joint Kiosk et que vous passez par le portique à reconnaissance faciale, le système peut vous "marquer" pour une inspection supplémentaire. Si la borne affiche un code spécifique ou si un agent vous interpelle à la sortie du portique, vous devrez vous diriger vers les tables d'inspection manuelle.
Deuxième point, très important. Si vous utilisez le Joint Kiosk, vous n'obtiendrez pas l'autocollant "temporary visitor" auprès de l'immigration. Et ce détail est très important au cas où vous utiliseriez un Japan Rail Pass : sans lui, aucun moyen pour l'agent de la JR de vérifier que vous êtes bien un touriste et que vous pouvez échanger votre bon. Donc, si vous utilisez la borne, approchez-vous d'un agent pour lui demander le fameux autocollant, avant de passer la e-gate.
Le cas du "Pre-clearance" (Pré-contrôle)
C'est la grande nouveauté testée en 2026. Pour certains vols (en commençant par Taïwan et la Corée, avec une extension prévue), les agents d'immigration japonais sont présents à l'aéroport de départ. Si vous faites vos empreintes là-bas, vous débarquez au Japon comme un passager d'un vol intérieur : vous sortez de l'avion et allez directement au train.
© Kensho Quest - 2025
C'est le changement le plus débattu. À partir de 2026, de nombreux sites emblématiques et même certains restaurants appliquent des tarifs distincts selon que vous résidiez au Japon ou non. Ce n'est plus un projet, c'est une réalité de terrain.
Par exemple, à partir du 1er mars 2026, la ville d'Himeji applique une distinction nette entre les résidents et les visiteurs pour la visite du château.
Le jardin Kōko-en (好古園) reste donc accessible pour seulement 100 ¥ de plus si l'on prend le billet couplé, ce qui reste une excellente affaire. La municipalité justifie cette hausse par les coûts d'entretien colossaux du donjon original et la nécessité de réguler les flux de visiteurs qui ont atteint des records en 2025.
Autre exemple, le restaurant de fruits de mer Tamatebako, situé près du célèbre carrefour de Shibuya, propose un buffet à volonté. Il a instauré une grille tarifaire qui distingue clairement les "résidents" des "visiteurs".
Shogo Yonemitsu, le propriétaire, explique à Soranews que cette décision est une réponse directe à la faiblesse du yen. Alors que le pouvoir d'achat des Japonais stagne, celui des touristes est dopé par le change. Sans ce double tarif, le restaurant ne pourrait pas maintenir la qualité de ses produits (soumis à l'inflation des coûts d'importation) sans faire fuir sa clientèle locale, essentielle à sa survie sur le long terme.
Pour finir, le parc JUNGLIA, ouvert courant 2025 au nord de l'île d'Okinawa (dans la forêt de Yanbaru), un parc d'aventure "nature", a été l'un des premiers grands complexes privés à assumer une tarification différenciée dès son inauguration, avec une mise à jour des prix pour 2026.
Le parc explique que les résidents japonais soutiennent indirectement l'économie locale et les infrastructures d'accès au parc via leurs impôts. Le tarif "Inbound" (touristes) est présenté comme le tarif réel permettant d'amortir les investissements colossaux (plus de 70 milliards de yens) et la gestion de l'impact environnemental dans une zone classée à l'UNESCO. Pour bénéficier du tarif réduit, il est indispensable de présenter une pièce d'identité japonaise ou une carte de résident (Zairyū Card) aux guichets ou lors du contrôle des billets électroniques.
C'est historique : pour la première fois depuis la privatisation des chemins de fer japonais en 1987 (hors ajustements de la TVA), la JR East augmente ses tarifs de base de 7,1 % en moyenne à partir de mars 2026.
Ce qu'il faut retenir pour votre budget :
La fin de la réduction "Aller-Retour"
C'est une petite ligne dans les rapports annuels, mais elle compte pour les longs itinéraires. À partir de mars 2026, la réduction de 10 % accordée sur le trajet de retour pour les voyages de plus de 601 km (comme un Tōkyō-Hiroshima) disparaît.
Le conseil pratique
Utilisez systématiquement une carte IC (Suica ou Pasmo). La hausse pour les détenteurs de cartes sera légèrement inférieure à celle des billets papier (environ 8-9 ¥ de hausse contre 10 ¥ pour un billet physique), et surtout, cela vous évitera de faire la queue aux automates qui risquent d'être pris d'assaut avec les changements de tarifs.
© テレ東BIZ ダイジェスト - 2025
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Mise en place en 2019, la taxe de départ internationale connaît sa première augmentation majeure. À partir de juillet 2026, le montant prélevé sur chaque passager quittant le territoire japonais par avion ou par navire triplera.
Qui est concerné ?
Le gouvernement et le Parti libéral-démocrate (PLD) étudient effectivement une modulation selon la classe de voyage. L'idée serait d'instaurer un tarif solidaire pour les passagers des classes Business et First Class, avec un plafond envisagé à 5 000 ¥. L'objectif est de dégager des revenus supplémentaires (estimés à 130 milliards de yens pour 2026) pour financer la modernisation des infrastructures aéroportuaires et les dispositifs de gestion des foules dans les zones rurales.
© Japon XYZ - 2025
Pour aller plus loin, voici quelques informations qui pourront vous aider à l'avenir. La plupart ont fait l'objet d'article sur le blog.
Le Japon s'apprête à lancer son propre système d'autorisation de voyage électronique, baptisé JESTA. Ce dispositif, similaire à l'ESTA américain, concernera tous les voyageurs bénéficiant actuellement d'une exemption de visa (Français, Belges, Suisses, etc.).
L'objectif affiché est de renforcer la sécurité nationale en filtrant les profils avant l'embarquement. Voici ce qu'il faut retenir de cette nouvelle barrière administrative :
Consultez mon article complet.
La JR Central (JR東海) a officiellement annoncé le déploiement de nouveaux aménagements pour ses rames N700S entre 2026 et 2028. L'objectif est de répondre à la fois à l'exigence des voyageurs d'affaires et à la montée en gamme du tourisme international.
L'arrivée des compartiments privés (Green Private Rooms)
C'est le changement le plus attendu : pour la première fois sur la ligne Tōkaidō, des compartiments individuels haut de gamme vont faire leur apparition.
Le Wi-Fi 7 et la connectivité 5G
D'ici fin 2026, la JR Central achèvera la mise à niveau de ses équipements de bord pour offrir une connexion stable, même sous les nombreux tunnels du parcours. Le nouveau standard permettra de supporter le streaming et les visioconférences sans coupure.
Comme je l'expliquais dans mon article, la capitale va abandonner son système de frais fixes (100 ou 200 ¥) pour passer à un taux proportionnel de 3 %.
Cette annonce montre que Tōkyō suit la trace de Kyōto et Niseko, marquant la fin de l'hébergement bon marché dans les grandes métropoles.
Avant la grande réforme de la JR East en 2026, les compagnies JR Kyūshū (JR九州) et JR Hokkaidō (JR北海道) ont déjà ajusté leurs tarifs en avril 2025 pour faire face aux coûts de maintenance et à la baisse démographique rurale.
JR Kyūshū
Après près de 30 ans sans modification majeure, la compagnie a appliqué une augmentation significative :
JR Hokkaidō
Bien que la hausse moyenne soit plus modérée (+7,6 %), elle impacte directement les touristes via les passes ferroviaires :
Cette stratégie de "survie" pour les lignes rurales montre que le Japon privilégie désormais la pérennité de son réseau ferré au détriment du tarif "low-cost" historique.
De nouvelles annonces ont été faites après la publication de cet article, je vous invite à les lire dans cet article.
Depuis son introduction, la règle concernant les bagages surdimensionnés (Tokudai nigonotsu) s'est durcie. Si vous voyagez sur les lignes Tōkaidō, San'yō ou Kyūshū, l'improvisation n'est plus permise.
Pour pallier la saturation chronique des consignes en gare et la disparition progressive des consignes à pièces, 7-Eleven Japan (株式会社セブン‐イレブン・ジャパン) a pérennisé son service de stockage temporaire en partenariat avec la plateforme Ecbo Cloak.
Le principe est simple : vous réservez votre emplacement en ligne et déposez vos valises directement à l'arrière du konbini. C’est souvent moins cher qu'une consigne classique et beaucoup plus flexible grâce aux horaires élargis des magasins.
Pour tout savoir sur le fonctionnement exact et les magasins éligibles, je vous invite à consulter mon article dédié.
Fort du succès du système de réservation mis en place sur le mont Fuji (富士山), le gouvernement japonais et les autorités préfectorales étendent désormais ce modèle à d'autres sites naturels victimes de leur succès, comme le Kumano Kodō (熊野古道), une série d'anciennes routes de pèlerinage qui sillonnent la péninsule de Kii.
Face à l'érosion des sentiers et à la saturation des hébergements traditionnels (Minshuku), des quotas quotidiens de marcheurs sont testés sur les sections les plus populaires, comme le Nakahechi. Il est désormais fortement conseillé de déclarer son itinéraire en ligne à l'avance sur ce site pour garantir l'accès aux zones protégées. Attention, les réservations se font uniquement de 9h00 à 15h00 (heure normale du Japon).
L'objectif : Garantir la sécurité des marcheurs et préserver l'aspect sacré et sauvage de ce site classé à l'UNESCO.
Face à une hausse inquiétante des factures médicales impayées — plus de 60 millions de yens d'ardoise cumulée rien qu'en septembre 2024 — le gouvernement japonais a mis à l'étude l'obligation pour chaque touriste de souscrire à une assurance santé privée avant d'entrer sur le territoire.
Bien que le projet soit encore en phase de discussion politique, le signal est clair : le Japon veut se protéger des coûts liés aux urgences médicales des voyageurs non assurés. Actuellement, environ 18 % des hôpitaux ayant accueilli des étrangers rapportent des impayés, souvent dus à une méconnaissance des tarifs de santé nippons ou à l'absence de couverture adéquate.
Pour approfondir les chiffres de cette étude et comprendre pourquoi les cartes bancaires classiques ne suffisent pas toujours, lisez l'article complet.
© ONLY in JAPAN * GO - 2025
Face à la pression croissante du surtourisme, Kyōto a cessé de simplement constater les nuisances pour devenir un véritable laboratoire de la durabilité urbaine. La ville a multiplié les mesures concrètes : suppression du pass de bus journalier pour désengorger le centre, installation de caméras intelligentes pour surveiller les flux en temps réel, et interdiction d'accès aux ruelles privées de Gion (祇園). Mais pour la période 2026-2030, la municipalité passe à la vitesse supérieure avec un document stratégique qui redéfinit les règles du jeu.
Le document publié par la ville de Kyōto, détaillant le Plan de promotion du tourisme et du MICE 2030, marque une étape fondamentale. Ce n'est plus un simple guide de bonne conduite, mais une véritable charte politique qui entrera en vigueur dès l'exercice fiscal 2026. Elle acte le passage d'une gestion subie du surtourisme à une régulation technologique et tarifaire assumée.
Du "Moral" à la "Promesse"
Le cœur de cette réforme réside dans la transformation des "Kyoto Tourism Morals" en une "Kyoto Tourism Promise" (Promesse de tourisme de Kyōto). L'objectif est de créer un contrat tacite : la ville s'engage à offrir une expérience de qualité, et en échange, le visiteur s'engage à respecter scrupuleusement l'équilibre local. Ce n'est plus un conseil, c'est une condition de bienvenue.
La priorité absolue aux citoyens : Le "Citizen-Priority Pricing"
Pour la première fois, la ville évoque officiellement une différenciation tarifaire au profit des résidents. Face à la saturation du réseau de bus municipaux, Kyōto étudie la mise en place de tarifs préférentiels pour les locaux. L'idée est simple : si le coût de la vie augmente à cause de l'affluence, le touriste doit compenser financièrement pour que le citoyen reste prioritaire dans sa propre ville.
Zéro nuisance : L'ambition radicale de 2030
Le plan fixe des indicateurs de performance (KPI) extrêmement stricts pour 2030 :
Pour atteindre cet idéal, la ville prévoit d'investir massivement les revenus de la taxe de séjour dans des dispositifs de surveillance, de nettoyage renforcé et de gestion des flux par intelligence artificielle.
Vers un tourisme de "Répétition" et d'Affaires
Plutôt que d'attirer toujours plus de nouveaux visiteurs, Kyōto veut fidéliser. Le plan vise à faire passer le taux de "Repeaters" étrangers de 24 % à 35 % d'ici 2030. Parallèlement, la ville veut s'imposer comme un hub mondial pour le MICE (congrès et salons) avec un objectif de 400 événements annuels. L'idée est claire : attirer un public à plus forte valeur ajoutée, qui reste plus longtemps et consomme de manière plus qualitative.
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