J'en avais parlé dans mon article sur les changements à venir pour les touristes, notamment en 2026, mais je crois que cela mérite un article. Pour rappel, le gouvernement japonais envisage d’imposer une assurance santé privée aux visiteurs étrangers, afin de couvrir d’éventuels frais médicaux durant leur séjour.
D’après une enquête menée en septembre 2023 par le ministère japonais de la Santé, plus de la moitié des hôpitaux du pays (2 813 sur 5 184) ont accueilli des patients étrangers, qu’il s’agisse de touristes ou de résidents. Parmi eux, 18,3 % ont signalé des factures impayées. En moyenne, 3,9 patients par établissement ont quitté sans régler, laissant une ardoise moyenne de 496 000 yens (environ 3 100 €). Mais la plupart des cas concernent de petites sommes : la médiane par patient est de 11 150 yens ( environ 70 € au moment où j'écris ces lignes), bien inférieure à la moyenne de 128 497 yens, ce qui montre que quelques impayés élevés gonflent les chiffres. Cette situation crée un problème récurrent pour les hôpitaux, en particulier les plus petits, et relance le débat sur la mise en place d’une assurance santé obligatoire pour les visiteurs étrangers au Japon.
En septembre 2024, une nouvelle enquête nationale a recensé 11 372 patients étrangers soignés dans les hôpitaux du pays ; 0,8 % n’ont pas réglé leurs frais, laissant une ardoise totale de 61,35 millions de yens (environ 350 000 €).
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Il y a clairement un effet "surtourisme" dans cette affaire, mais ce n’est pas toute l’histoire. Depuis la réouverture post-Covid, le Japon connaît un niveau record de visiteurs étrangers : plus de 3,4 millions en août 2025, d’après la JNTO, et cela fait plus de 11 mois consécutifs au-delà de 3 millions par mois. Ces chiffres n’avaient jamais été atteints auparavant. Plus de touristes, c’est mécaniquement plus d’accidents, de maladies, d’urgences médicales… et donc plus de factures. CQFD...
Toutefois, il faut nuancer :
Autrement dit, le surtourisme agit comme un amplificateur : plus de touristes → plus de cas, même si la proportion reste stable. Mais la racine du problème est plutôt le décalage entre le système médical japonais (où l’on paie comptant ou avec assurance nationale) et les habitudes des visiteurs étrangers.
Pour le moment, ce projet n'est, justement, qu'un projet. Oui, le gouvernement l'a inscrit à son agenda, mais cela ne va pas plus loin... C’est davantage une réponse politique au surtourisme et à l’augmentation des factures médicales impayées laissées par certains voyageurs. Je dirais qu'on est donc dans un entre-deux : le signal est clair : le Japon s’oriente vers plus de régulation des flux touristiques, comme on l’a vu avec le futur JESTA, mais tant qu’aucun texte n’est promulgué, on est dans le flou...
Il reste beaucoup de choses à prévoir : devrons-nous prendre un type d'assurance précis, avec certaines garanties obligatoires (couverture médicale, tiers-payant, responsabilité civile...). ? Qu'en sera-t-il pour ceux qui refuseront de la prendre ? Seront-ils refusés ? Et ceux avec des dettes médicales au Japon ? On a déjà un élément de réponse à ce sujet, ils risquent fort de se voir refuser l'entrée du pays, mais pourront-ils régler leur facture en amont ?
Bref, je pense que les prochains mois seront décisifs.
Je ne vais pas la choisir pour vous, mais si je ne dois vous donner qu'un conseil, c'est : comparez ! Pour moi, pour qu’une assurance voyage soit réellement utile, elle doit au minimum couvrir les éléments essentiels liés aux risques que vous pouvez rencontrer hors de votre pays, comme :
À ceci peuvent s'ajouter des garanties comme la perte de bagages, l'annulation de voyage ou l'interruption de séjour, voire la casse de matériel. Toutes les options font grimper la facture, bien entendu. Pour un peu plus de trois semaines en 2026, la mienne m'a coûté près de 70€, mais sans l'annulation de voyage. Les prix sont variables selon les garanties choisies, le pays de destination et la société d'assurance, bien entendu.
Et, contrairement aux idées reçues, les assurances des cartes bleues ne couvrent pas obligatoirement tout, lisez bien les CGU. Par exemple l'annulation est soumise à des conditions drastiques qu'il est parfois difficile de remplir. Si vous regardez bien ce tableau de la Caisse d'Épargne, la Visa Classic ne couvre rien. Vérifiez également si votre assurance couvre, par exemple, les catastrophes naturelles, les activités à risques... Sachez que, depuis la pandémie, le Covid est pris en charge. C'est déjà ça...
Je me répète, mais, personnellement, je ne pars jamais au Japon sans assurance. Entre les séismes, les typhons, les risques sanitaires ou même une simple fracture, mieux vaut être préparé. Les frais médicaux peuvent grimper très vite – et qu’en est-il d’un éventuel rapatriement ? Ce type de couverture me semble indispensable… même sans obligation légale.
nippon.com, the-independent.com
Illustration générée par Intelligence Artificielle, réalisée avec ChatGPT, 2025.