Shinjuku veut durcir les règles sur les locations touristiques

L'arrondissement spécial de Shinjuku, à Tōkyō, envisage de renforcer fortement les restrictions visant les minpaku (民泊), ces logements proposés à des touristes pour de courts séjours.

Shinjuku compte aujourd'hui le plus grand nombre de logements enregistrés comme minpaku parmi les municipalités japonaises. Le nombre de logements déclarés atteignait 3 775 au 15 juillet 2026, selon l'Agence japonaise du tourisme. Il a encore progressé pour atteindre 3 928 à la fin du mois d'août, d'après les chiffres de l'arrondissement. Plus de la moitié de ces établissements seraient installés dans des zones résidentielles ou à proximité d'écoles.

Cette concentration explique en partie le durcissement envisagé par Shinjuku, alors que les plaintes liées aux minpaku se multiplient.

Les nuisances alimentent les plaintes

Les problèmes signalés par les habitants concernent notamment le non-respect des règles de collecte des déchets, le bruit nocturne ou encore le fait de fumer à proximité des habitations. Le Japan Times indique ainsi que Shinjuku a enregistré 1 334 plaintes au cours de l'exercice 2025, qui s'est achevé en mars 2026. Le chiffre était de seulement 82 au cours de l'exercice 2021.

Face à ces problèmes, l'arrondissement a déjà pris des mesures contre certains opérateurs. Depuis décembre 2025, les autorisations de cinq opérateurs, représentant quinze établissements, ont été retirées. Ces opérateurs ne peuvent plus exercer pendant trois ans.

Les établissements existants seraient concernés

L'interdiction envisagée ne s'appliquerait pas uniquement aux futurs minpaku. Les établissements qui exercent déjà leur activité dans les zones concernées seraient également visés. Shinjuku prévoit toutefois une période de transition pour leur permettre de mettre fin à leur activité après l'entrée en vigueur de la nouvelle réglementation. La durée précise de cette période n'est pas encore arrêtée.

Les secteurs concernés seraient notamment les zones résidentielles exclusivement dédiées à l'habitation ainsi que les secteurs scolaires définis par les règles d'urbanisme.

Shinjuku ne prévoit pas pour autant de supprimer les minpaku dans l'ensemble de l'arrondissement. Dans les zones commerciales, l'activité resterait possible, mais avec une restriction supplémentaire. Le nombre maximal de jours d'exploitation serait ramené de 180 à 120 jours par an. L'objectif est là encore de réduire les nuisances pour les habitants des secteurs concernés. Le projet distingue donc plusieurs situations : interdiction de principe dans certaines zones résidentielles et scolaires, maintien de l'activité sous des conditions plus strictes dans les zones commerciales.

Une réglementation qui doit encore être adoptée

La mesure n'est pas encore entrée en vigueur.

Shinjuku prévoit de lancer dès octobre une procédure de consultation publique. L'arrondissement devrait ensuite présenter une modification de son règlement à l'assemblée de Shinjuku en février 2027. Il faudra donc encore attendre l'adoption de cette modification pour connaître précisément les zones concernées et les modalités de la période de transition accordée aux établissements existants.

Cette évolution montre néanmoins que la multiplication des minpaku à Tōkyō commence à entraîner une réaction de plus en plus forte des collectivités locales. À Shinjuku, où leur nombre est désormais proche de 4 000, l'arrondissement entend clairement privilégier la tranquillité des quartiers résidentiels et des secteurs scolaires.

SOURCES

nippon.comjapantimes.co.jp

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