L'OCDE appelle le Japon à mieux répartir les touristes sur son territoire

Alors que le Japon enchaîne les records de fréquentation touristique, l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) estime que le défi n'est plus uniquement d'attirer davantage de visiteurs, mais de mieux les répartir. Dans son rapport "OECD Tourism Trends and Policies 2026", publié début juillet, l'organisation souligne que la concentration des voyageurs dans quelques destinations emblématiques risque d'accentuer les problèmes de surtourisme déjà observés ces dernières années.

Dōtonbori (道頓堀) est l'une des principales destinations touristiques de la ville d'Ōsaka

Le Japon reste fortement associé à ce que les professionnels du secteur appellent le "Golden Route", un itinéraire reliant Tōkyō (東京), le mont Fuji (富士山), Kyōto (京都) et Ōsaka (大阪). C'est sur cet axe que se concentre la majorité des visiteurs étrangers. Cette situation entraîne une pression croissante sur les infrastructures, les transports, les hébergements et les sites les plus populaires. Dans certaines villes, les habitants doivent également composer avec des nuisances liées à l'afflux de touristes, notamment dans les quartiers historiques ou les lieux les plus photographiés.

Pour l'OCDE, le Japon possède pourtant un potentiel touristique bien plus vaste. De nombreuses régions restent relativement peu fréquentées malgré un patrimoine naturel, culturel et historique exceptionnel.

Le rapport cite notamment la nécessité de promouvoir davantage :

  • le Tōhoku (東北) ;
  • Shikoku (四国) ;
  • la région du San'in (山陰) ;
  • Kyūshū (九州) ;
  • certaines parties de Hokkaidō (北海道).

L'objectif est de répartir plus équitablement les retombées économiques du tourisme tout en réduisant la pression sur les destinations déjà saturées.

L'OCDE ne recommande pas de freiner la croissance du tourisme international. Elle encourage plutôt les autorités japonaises à adopter une gestion plus intelligente des flux de visiteurs.

Parmi les pistes évoquées figurent :

  • l'utilisation des données en temps réel pour anticiper les pics de fréquentation ;
  • une meilleure promotion des destinations moins connues ;
  • un étalement de la fréquentation sur l'ensemble de l'année ;
  • une coopération renforcée entre l'État, les préfectures et les collectivités locales.
  • Une stratégie déjà engagée

Ces recommandations s'inscrivent dans une politique déjà amorcée par le gouvernement japonais. Ces dernières années, plusieurs mesures ont été mises en place afin de limiter les effets du surtourisme :

  • instauration d'un quota quotidien de randonneurs sur certaines voies d'accès au mont Fuji ;
  • augmentation des taxes d'hébergement dans plusieurs collectivités, notamment à Kyōto ;
  • campagnes de sensibilisation destinées aux visiteurs étrangers ;
  • valorisation d'itinéraires alternatifs afin d'encourager la découverte des régions moins fréquentées.
  • Un changement de philosophie
Le château de Himeji (姫路城)

Le rapport marque une évolution dans la manière d'évaluer la réussite du tourisme. Pendant longtemps, l'objectif principal consistait à augmenter le nombre de visiteurs étrangers. Désormais, la priorité est d'assurer une croissance plus équilibrée, capable de bénéficier à l'ensemble du territoire sans dégrader le cadre de vie des habitants ni l'expérience des voyageurs.

Pour les visiteurs français, ce constat est aussi une invitation à sortir des itinéraires classiques. Des régions comme Shikoku, la mer intérieure de Seto, le San'in ou encore le nord du Japon offrent des paysages, des châteaux, des temples et des traditions souvent moins fréquentés, tout en participant à un développement touristique plus durable.

Mon cas personnel
Le Kinkaku-ji (金閣寺) à Kyōto

En toute honnêteté, en quatre voyages, je n'ai exploré qu'une infime partie du Japon. Mes séjours se sont principalement concentrés sur le Kansai (関西), le Kantō (関東) et, dans une moindre mesure, le Chūbu (中部). Certes, j'ai eu la chance de découvrir Hokkaidō (北海道) lors de mon voyage en 2025, mais pour le reste, mon itinéraire est resté assez classique, avec des étapes incontournables comme Kyōto (京都), Tōkyō (東京), Nikkō (日光) ou encore Kamakura (鎌倉).

Je ne peux donc pas réellement me plaindre du surtourisme : à ma manière, j'ai moi aussi contribué à cette concentration des visiteurs sur les destinations les plus populaires. Après tout, il est naturel, lors d'un premier ou même d'un deuxième voyage, de vouloir découvrir les sites emblématiques qui font rêver tant de voyageurs.

C'est d'ailleurs ce constat qui m'a conduit à envisager un changement d'approche pour mon prochain séjour. Même si mon voyage prévu en 2027 est, pour des raisons personnelles, actuellement en suspens, j'ai déjà fait le choix de quitter les itinéraires les plus fréquentés pour partir à la découverte de Shikoku (四国), avec un objectif bien précis : parcourir l'île à la rencontre de ses châteaux classés. Une façon de découvrir un Japon plus discret, plus authentique, tout en participant, à mon échelle, à une meilleure répartition des flux touristiques.

SOURCE

oecd.org/en

PHOTO DE COUVERTURE

Le château de Himeji (姫路城) © Le Japon et moi - 2026

HORS MENTION CONTRAIRE, LES PHOTOS DE CET ARTICLE ONT ÉTÉ PRISES PAR DOMINIQUE POUR LE JAPON ET MOI

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