Mon prochain projet de voyage au Japon

Si, comme je l'indiquais dans l'article consacré aux préconisations de l'OCDE, le voyage de 2027 est, pour le moment, mis en stand-by, cela ne m'a pas empêché de continuer à le préparer.

Ma première intention était de poursuivre ma découverte des châteaux de la région du Chūbu (中部地方), notamment autour de Nagoya (名古屋市), avec des sites comme Gifu-jō (岐阜城) ou Ōgaki-jō (大垣城). Mais une discussion avec un collègue de travail, associée à l'envie de découvrir une autre facette du Japon, m'a finalement poussé à revoir mes plans.

Il est vrai que, sur les quatre îles principales de l'archipel, je n'en ai visité que deux : Honshū (本州) et Hokkaidō (北海道). Et, pour être honnête, le verbe "survoler" serait sans doute plus approprié. En quatre voyages, il est difficile d'en faire davantage, même si je commence à bien connaître Tōkyō (東京), où j'ai déjà passé près de deux mois cumulés. Et ce n'est certainement pas terminé, tant la mégapole est devenue une étape incontournable de chacun de mes séjours.

Bref, quelle destination choisir ?

Ne pouvant pas louer de voiture, faute de permis de conduire, certaines régions restent compliquées d'accès. Aussi exemplaire soit-il, le réseau ferroviaire japonais ne dessert pas l'ensemble du territoire. L'archipel est en grande partie montagneux et certains sites demeurent relativement isolés.

Alors, où partir ?

Ma première passion, vous le savez si vous suivez ce blog, est l'histoire féodale japonaise. Il était donc impensable qu'un nouveau voyage ne comporte pas la visite de plusieurs châteaux. La seconde est la découverte de nouveaux lieux, et les temples comme les sanctuaires constituent de formidables témoins de l'histoire et de la culture japonaises.

Quelle île pouvait réunir tous ces critères ?

Shikoku (四国), bien sûr !

Marugame-jō © Wikimedia.org

Si l'île est mondialement connue pour son pèlerinage consacré à Kōbō Daishi (弘法大師), qui consiste à parcourir l'île en faisant étape dans ses 88 temples, ce ne sera pas le thème principal de ce voyage. Une petite parenthèse, tout de même, au sujet de cet itinéraire emblématique : il faut compter en moyenne six semaines pour l'effectuer à pied. Une véritable aventure qui demande une solide préparation logistique et un budget conséquent, estimé à environ 400 000 yens selon Shikoku Tourism. Il est également possible d'accomplir ce pèlerinage en bus ou en voiture. Si sa dimension spirituelle demeure essentielle, il représente aussi, à l'image du Chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle, un véritable défi physique, avec plus de 1 200 kilomètres à parcourir.

La liste complète des temples est visible sur cette carte.

Shikoku possède à elle seule quatre des douze donjons d'origine encore conservés au Japon : Marugame-jō (丸亀城), Matsuyama-jō (松山城), Kōchi-jō (高知城) et Uwajima-jō (宇和島城). Visites auxquelles j'ajoute Bitchū Matsuyama-jō (備中松山城). Ayant visité Matsumoto-jō (松本城) en 2023, puis Himeji-jō (姫路城), Hikone-jō (彦根城), Maruoka-jō (丸岡城) et Inuyama-jō (犬山城) en 2026, il ne me restera plus qu'à découvrir Hirosaki-jō (弘前城) et Uwajima-jō (宇和島城).

Ces villes accueillent également plusieurs temples du pèlerinage, offrant ainsi un patrimoine historique et religieux d'une richesse exceptionnelle.

Bien entendu, je ne pourrai pas explorer le cœur montagneux de l'île, où les transports en commun sont plus limités. Mon itinéraire suivra donc principalement le littoral, en faisant le tour de Shikoku avant de rejoindre Tōkyō pour les derniers jours du séjour.

Contrairement à mes précédents voyages, celui-ci demandera une organisation bien plus importante. L'île est parfaitement desservie par le réseau ferroviaire de JR, mais les liaisons restent moins fréquentes que sur l'axe du Tōkaidō (東海道), ce qui impose d'étudier attentivement les horaires afin d'optimiser les déplacements. J'ai donc privilégié des séjours de plusieurs jours dans chaque ville plutôt qu'un enchaînement de visites éclairs. Chaque étape permettra non seulement de visiter les principaux sites historiques, mais aussi d'explorer les environs, de prendre le temps de découvrir les quartiers moins touristiques et, surtout, de disposer d'une marge de sécurité en cas d'aléa sur le réseau ferroviaire ou de conditions météorologiques défavorables.

Les déplacements représenteront une part importante du voyage. Si le train restera mon principal moyen de transport, certains trajets dépasseront plusieurs heures, notamment entre Kōchi et Uwajima, ou encore lors du retour vers Tōkyō. C'est précisément pour cette raison que le choix des hébergements et la durée de chaque étape ont été soigneusement réfléchis. Plutôt que de multiplier les changements d'hôtel, j'ai préféré limiter les transferts afin de profiter pleinement de chaque destination. Cette organisation me permettra également d'effectuer quelques excursions à la journée, notamment vers Takamatsu (高松市) depuis Marugame, sans avoir à refaire mes bagages.

Mon itinéraire sera donc le suivant :

  • Tōkyō (東京)
  • Okayama (岡山市
  • Marugame (丸亀市)
  • Kōchi (高知市)
  • Uwajima (宇和島市)
  • Matsuyama (松山市)
  • Tōkyō (東京)

Enfin, ce voyage sera sans doute le plus ambitieux que j'aie préparé jusqu'à présent. Il représentera près de trois semaines sur place, plusieurs centaines de kilomètres parcourus en train et la découverte d'une région que peu de voyageurs français prennent le temps d'explorer. Entre les châteaux, les temples, les paysages de la mer intérieure de Seto (瀬戸内海) et ceux de la côte Pacifique, j'espère proposer un itinéraire mêlant patrimoine, culture et découvertes, tout en conservant un rythme qui laisse une place à l'imprévu, l'un des grands plaisirs du voyage au Japon.

Kōchi-jō © Wikimedia.org
Les visites prévues

Si l'ensemble des visites n'est pas arrêtée, loin de là, j'ai quand même une idée des principales :

Châteaux
  • Okayama-jō (岡山城). Reconstruction
  • Bitchū Matsuyama-jō (備中松山城)
  • Marugame-jō (丸亀城)
  • Takamatsu-jō (高松城). Ancien château maritime dont subsistent les douves, les remparts et plusieurs bâtiments. Le site est intégré au parc Tamamo (玉藻公園).
  • Matsuyama-jō (松山城)
  • Yuzuki-jō (湯築城), l'ancien château des Kōno (河野氏), aujourd'hui transformé en parc historique, le Dōgo Kōen (道後公園)
  • Kōchi-jō (高知城), le seul château du Japon à avoir conservé son donjon, ainsi que son palais honmaru d'origine
  • Uwajima-jō (宇和島城)
  • Ōzu-jō (大洲城), un donjon reconstruit en bois selon les techniques traditionnelles, accessible en moins d'une heure de train d'Uwajima
Temples du pèlerinage © Nippon.com
Temples du pèlerinage de Shikoku

Même si je doute pouvoir tous les visiter…

Marugame et alentours

  • Temple n° 71 : Iyadani-ji (弥谷寺) – Mitoyo
  • Temple n° 72 : Mandara-ji (曼荼羅寺) – Zentsūji
  • Temple n° 73 : Shusshaka-ji (出釈迦寺) – Zentsūji
  • Temple n° 74 : Kōyama-ji (甲山寺) – Zentsūji
  • Temple n° 75 : Zentsū-ji (善通寺) – Zentsūji, lieu de naissance de Kōbō Daishi (弘法大師)
  • Temple n° 77 : Dōryū-ji (道隆寺) – Zentsūji

Takamatsu

  • Temple n° 78 : Gōshō-ji (郷照寺)
  • Temple n° 80 : Sanuki Kokubun-ji (讃岐国分寺)
  • Temple n° 82 : Negoro-ji (根香寺)
  • Temple n° 83 : Ichinomiya-ji (一宮寺)
  • Temple n° 84 : Yashima-ji (屋島寺), situé sur le plateau de Yashima.
  • Temple n° 85 : Yakuri-ji (八栗寺), accessible en téléphérique.

Kōchi

  • Temple n° 30 : Zenraku-ji (善楽寺)
  • Temple n° 31 : Chikurin-ji (竹林寺), probablement le plus beau temple de la ville.
  • Temple n° 33 : Sekkei-ji (雪蹊寺)
  • Temple n° 34 : Tanema-ji (種間寺)

À une trentaine de kilomètres :

  • Temple n° 29 : Tosa Kokubun-ji (土佐国分寺)
  • Temple n° 32 : Zenjibu-ji (禅師峰寺)

Uwajima

  • Temple n° 41 : Ryūkō-ji (龍光寺)
  • Temple n° 42 : Butsumoku-ji (仏木寺)

Matsuyama

  • Temple n° 46 : Jōruri-ji (浄瑠璃寺)
  • Temple n° 47 : Yasaka-ji (八坂寺)
  • Temple n° 48 : Sairin-ji (西林寺)
  • Temple n° 49 : Jōdo-ji (浄土寺)
  • Temple n° 50 : Handa-ji (繁多寺)
  • Temple n° 51 : Ishite-ji (石手寺), le plus célèbre de Matsuyama.
  • Temple n° 52 : Taisan-ji (太山寺)
  • Temple n° 53 : Enmyō-ji (円明寺)
Kōraku-en © Wikimedia.org
Jardins

Là aussi, il faudra faire des choix.

Okayama

  • Kōraku-en (後楽園), l'un des Trois Grands Jardins du Japon
  • Jardin de Bitchū Takahashi (près de Bitchū Matsuyama-jō)

Marugame

  • Jardin du château de Marugame-jō
  • Nakazu Banshō-en (中津万象園), un grand jardin de promenade de l'époque d'Edo, souvent méconnu des touristes

Takamatsu

  • Ritsurin Kōen (栗林公園), considéré comme l'un des plus beaux jardins du Japon
  • Jardin Isamu Noguchi Museum (sur réservation)

Kōchi

  • Jardin du château de Kōchi-jō
  • Makino Botanical Garden (高知県立牧野植物園), un jardin botanique exceptionnel consacré au botaniste Makino Tomitarō (牧野富太郎)
  • Godaisan (五台山), dont les promenades offrent de très belles vues
  • Uwajima (宇和島市)
  • Tensha-en (天赦園), l'ancien jardin des daimyō du domaine d'Uwajima. L'un des plus beaux jardins de Shikoku
  • Jardin du château d'Uwajima-jō

Matsuyama

  • Jardin de Ninomaru (二之丸史跡庭園), un magnifique jardin aménagé sur l'emplacement de l'ancien palais du château
  • Jardin de Dōgo Kōen (道後公園), installé sur le site de Yuzuki-jō
  • Jardins des temples, notamment celui du Ishite-ji (石手寺)
Le transport
© Wikimedia.org

Ce voyage illustre également une réalité que de nombreux voyageurs découvrent aujourd'hui : le Japan Rail Pass n'est plus systématiquement la solution la plus avantageuse. Son prix ayant fortement augmenté, il est désormais indispensable de comparer son coût avec celui des billets achetés individuellement. En effet, pour ce voyage, j'ai pris le temps d'effectuer plusieurs simulations. J'ai calculé le prix des principaux trajets en train, comparé les différentes durées de validité du Japan Rail Pass et étudié les pass régionaux proposés par JR Shikoku. Si ces derniers peuvent représenter une excellente solution pour un séjour concentré exclusivement sur l'île, ils deviennent beaucoup moins intéressants dès lors que l'on ajoute des déplacements importants avant ou après, notamment entre Tōkyō et Okayama.

Mon choix s'est donc porté sur l'achat de billets à l'unité. Cette solution présente plusieurs avantages. Elle permet tout d'abord de ne payer que les trajets réellement effectués, sans avoir la contrainte de rentabiliser un pass dont chaque journée de validité compte. Elle offre également davantage de liberté dans l'organisation du voyage. Je pourrai ainsi modifier un horaire, prolonger une visite ou changer mes plans en fonction de la météo sans avoir l'impression de "perdre" une journée de pass.

Plan des lignes de la JR Shikoku © Wikimedia.org

Ce choix est également lié à la manière dont j'ai conçu cet itinéraire, vu que je passerai plusieurs nuits dans chacune des principales étapes. Cette organisation réduit naturellement le nombre de longs trajets et permet de mieux découvrir chaque destination. Les déplacements se feront essentiellement à bord des trains Limited Express de JR Shikoku, réputés pour leur confort et leur ponctualité, tandis que les transports urbains — tramways, bus ou trains locaux — seront utilisés pour rejoindre les principaux sites touristiques.

Enfin, voyager sans Japan Rail Pass ne signifie pas renoncer à une bonne maîtrise du budget. Bien au contraire. En planifiant soigneusement chaque déplacement et en réservant, lorsque cela est possible, les billets les plus adaptés, il est tout à fait envisageable de parcourir une grande partie du Japon sans recourir au pass national.

Il faut juste être préparé.

Le logement

À ce stade de la préparation, je n'ai pas encore arrêté mon choix en matière d'hébergement. Mes premières recherches sur Airbnb se sont révélées plutôt décevantes, avec une offre parfois limitée ou des tarifs qui ne correspondent pas toujours à mon budget. Je poursuivrai donc mes recherches lorsque les dates du voyage seront définitivement fixées, les disponibilités étant généralement plus nombreuses à mesure que l'on se rapproche de la période d'ouverture des réservations. Je compte également comparer les offres des hôtels. Selon les villes et les périodes, ils pourraient même s'avérer plus intéressants qu'un logement Airbnb, tout en offrant des services appréciables comme une réception ouverte en permanence, une consigne à bagages ou encore le petit-déjeuner.

Quel que soit le type d'hébergement retenu, je souhaite conserver un rythme de voyage confortable. L'objectif est de séjourner au minimum trois nuits dans chaque ville du parcours, afin de prendre le temps de découvrir les principaux sites d'intérêt sans multiplier les changements d'hébergement. Seule Tōkyō fera exception, puisque j'y passerai la dernière partie de mon séjour avant le retour en France. Cette longue étape me permettra de profiter pleinement de la capitale, d'effectuer mes achats de fin de voyage et de limiter les déplacements avec les bagages.

Au-delà du prix, je porterai une attention particulière à l'emplacement des hébergements. La proximité d'une gare JR ou d'un réseau de transports en commun constituera un critère essentiel, tout comme la présence de commerces et de restaurants accessibles à pied. L'idée est de privilégier des logements pratiques, qui faciliteront les déplacements quotidiens tout en restant compatibles avec le budget que je me suis fixé, soit environ 60 € par nuit en moyenne. Cette enveloppe me paraît réaliste au regard des tarifs observés, notamment dans les villes de Shikoku, tout en restant suffisamment flexible pour absorber un coût légèrement supérieur à Tōkyō.

Conclusion

Bien entendu, il reste encore plusieurs points à affiner, notamment le choix définitif des hébergements, la réservation des billets de train et l'établissement d'un budget précis. Toutefois, les grandes lignes du voyage sont désormais tracées. Il ne restera plus qu'à peaufiner les derniers détails avant le départ, en espérant que ce nouvel itinéraire permettra de découvrir un Japon plus confidentiel, loin des circuits touristiques les plus fréquentés, tout en restant fidèle à ce qui me passionne le plus : son histoire, son patrimoine et ses paysages.

SOURCES

shikoku-tourism.comhenro.frnippon.com/fr

PHOTO DE COUVERTURE

Chikurin-ji © Wikimedia.org

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