Vivre au Japon, c'est possible !

S’installer au Japon est un beau projet, mais il faut bien s’organiser pour réussir son expatriation. Bien entendu, je ne peux pas être exhaustif, au vu de mes connaissances, mais voici quelques informations à connaitre avant de se lancer. 

Ne cherchez pas, les photos n'ont rien à voir avec le sujet. Bienvenue à Akihabara, the electric town...

Pour commencer, pour s’installer au Japon pour plus de trois mois, il est obligatoire de posséder un passeport en cours de validité et un visa délivré par un poste consulaire japonais. Le Japon reconnaît plusieurs statuts de résidence différents (28 ou 29 selon les sources), définis par la loi sur le contrôle de l’immigration, qui déterminent la nature des activités que vous pouvez exercer sur place.

Au cas où ce ne serait pas clair. En tant que français, il vous est possible de passer trois mois au Japon en tant que visiteur, et ce sans visa. Toutefois, cela ne vous permet pas de rester plus de 90 jours dans l'archipel et ne vous donne aucunement l'autorisation d'y travailler. Il vous est demandé d'avoir un passeport valide, ainsi qu'un billet retour.

Les statuts de résidence peuvent être classés en plusieurs catégories selon qu’ils permettent ou non d’exercer une activité rémunérée.

Statuts de résidence autorisant un travail limité

Ces statuts permettent de travailler, mais uniquement dans un domaine précis défini par le visa.
Exemples :

  • Diplomate : membres des missions diplomatiques ou consulats étrangers,
  • Officiel : personnes exerçant des fonctions officielles pour un gouvernement étranger ou une organisation internationale,
  • Visa de travail, subdivisé en plusieurs sous-catégories : Professeur, Artiste, Activités religieuses, Journaliste, Chef d’entreprise (Business Manager), Services juridiques / comptables, Services médicaux, Chercheur, Enseignant (Instructor), Ingénieur / Spécialiste en sciences humaines / Services internationaux, Transfert intragroupe (Intra-Company Transferee), Aide-soignant (Nursing Care), Artiste de spectacle (Entertainer), Main-d’œuvre qualifiée (Skilled Labor), Travailleur qualifié spécifique (Specified Skilled Worker), Stage technique (Technical Intern Training)

Exemple concret : un étranger titulaire d’un visa "Spécialiste en sciences humaines / Services internationaux / Ingénierie" qui travaille comme traducteur ou interprète n’a pas le droit de travailler comme chef cuisinier dans un restaurant pour percevoir une rémunération.

Statuts de résidence autorisant un travail sans limitation

Ces statuts ne limitent pas le type d’emploi que l’on peut exercer.

  • Résident permanent (Permanent Resident),
  • Conjoint ou enfant de Japonais (Spouse or Child of Japanese National),
  • Conjoint ou enfant de résident permanent (Spouse or Child of Permanent Resident),
  • Résident à long terme (Long-Term Resident).

Le statut le plus courant est Résident permanent, mais il est généralement nécessaire d’avoir vécu au Japon pendant au moins 10 ans pour l’obtenir, ce qui en fait un titre difficile à acquérir. Les autres statuts (conjoint ou enfant de…, résident à long terme) reposent sur des liens familiaux ou matrimoniaux, et ne sont donc pas accessibles à tous.

Statuts de résidence sans droit au travail

Ces statuts interdisent toute activité rémunérée (ou ne l’autorisent que dans des cas exceptionnels avec une permission spéciale).

  • Activités culturelles (Cultural Activities),
  • Séjour de courte durée (Short-Term Stay),
  • Étudiant (Student),
  • Formation (Training),
  • Dépendant (Dependent, pour les séjours familiaux).

Exceptions

L’autorisation de travailler pour un étranger détenteur du statut de résidence "Activités désignées" dépend du contenu précis des activités définies par le Ministère de la Justice.

  • Activités désignées (Designated Activities).

Par exemple, un étudiant étranger effectuant un stage peut se voir accorder le droit de travailler uniquement dans l’établissement qui accueille ce stage.

Mais c'est toujours sympa de partager ses photos de voyage, non ? Le Sensō-ji est magnifique le soir.
Les étapes clés

Donc, la première chose à faire est de définir pourquoi on veut vitre au Japon : travailler, étudier, vivre avec un proche ou, encore, investir...

Ensuite, obtenir le visa adapté, selon la liste précédente, et en faire la demande auprès des autorités japonaises. Pour les Français, la demande se fait auprès du consulat du Japon en France (Paris, Lyon, Marseille). Tous ont des conditions. Par exemple : 

Visa Activités autorisées Conditions principales Documents requis Restrictions / Remarques

Professeur

Enseignement universitaire ou spécialisé

Diplôme universitaire (Master ou Doctorat), offre d’emploi

Passeport, formulaire de demande, CoE, contrat de travail, photo

Limité à l’établissement indiqué, durée 1–3 ans renouvelable

Artiste

Activités artistiques rémunérées (musique, peinture, danse…)

Niveau professionnel reconnu, contrat ou preuve de projets artistiques

Passeport, formulaire, CoE, preuve d’activité artistique

Limité aux activités spécifiées dans le CoE

Journaliste

Travail journalistique pour médias étrangers

Lettre d’engagement d’un média étranger

Passeport, formulaire, CoE, lettre de l’employeur

Travail limité au domaine journalistique pour le média indiqué

Étudiant

Études à temps plein dans un établissement japonais

Lettre d’admission d’une école ou université, ressources financières suffisantes

Passeport, formulaire, CoE, certificat d’admission, preuve de fonds

Travail limité à 28 h/semaine (temps partiel) et uniquement avec autorisation spéciale

Chef d’entreprise

Gestion d’entreprise ou filiale au Japon

Capital minimum requis, plan d’affaires, expérience de gestion

Passeport, formulaire, CoE, plan d’affaires, preuve de capital

Limité à l’entreprise déclarée, durée 1–3 ans renouvelable

Si vous souhaitez travailler, consultez la brochure "Travailler au Japon", mise à jour régulièrement par la Chambre de Commerce et d’Industrie française au Japon (CCIFJ). Elle contient toutes les informations utiles pour trouver un emploi sur l'archipel, à savoir :

  • La recherche d’emploi,
  • Les différents visas de travail,
  • La législation en matière d’emploi,
  • La rédaction d’un CV,
  • Les organismes à contacter,
  • Les sites d’offres d’emploi à consulter,
  • La recherche d’un stage ou d’un contrat de volontariat international…

Elle propose également une plateforme emploi sur laquelle vous pouvez vous enregistrer et consulter les offres des entreprises membres.

Selon le site de l'ambassade de France au Japon, une expérience professionnelle solide ou une formation supérieure (minimum baccalauréat +4) vous permettront d’obtenir plus facilement un emploi qualifié ouvrant droit à un visa de travail.

Balade à Harajuku
Obtenir un Certificat d’admissibilité (CoE)

La demande de visa pour un séjour de longue durée au Japon nécessite au préalable l’obtention d’un Certificat d’éligibilité (Certificate of Eligibility), délivré exclusivement par les bureaux régionaux de l’immigration japonaise. Ce document atteste que vous remplissez les conditions fixées par la loi sur le contrôle de l’immigration pour le statut de résidence demandé.

Le CoE ne peut pas être demandé directement auprès d’une ambassade ou d’un consulat : la démarche doit être effectuée au Japon par une “structure d’accueil” (employeur, établissement d’enseignement, membre de la famille..). Dans le cas d’un visa de travail, par exemple, l’entreprise qui vous recrute déposera la demande auprès du bureau régional de l’immigration compétent.

Une fois le certificat délivré, il doit être présenté — en original, en copie papier ou en version électronique imprimée (e-CoE) — lors du dépôt de la demande de visa auprès de l’ambassade ou d’un consulat du Japon.

Sans certificat d’éligibilité, il est en principe impossible d’obtenir un visa de longue durée. Sa validité est de trois mois.

Faire la demande de visa

Vérifiez bien la liste des documents demandés, comme : passeport en cours de validité, formulaire de demande de visa, photo d’identité, lettre d’acceptation de l’employeur ou de l’école, certificat d’éligibilité, preuve de moyens financiers, justificatifs divers selon la situation... Le moindre manque peut retarder, voire annuler, votre demande.

Attention, certains visas demande d'avoir les fonds nécessaires et vous devrez fournir les relevés bancaires personnels attestant d'un solde suffisant pour couvrir les frais de scolarité (pour un étudiant), d'hébergement et de subsistance...

Le délai est variable, mais comptez environ une semaine.

Les pompiers sont sympas et font des signes de la main...
Et après ?

Une fois votre visa en poche, ce n'est pas terminé. Avant de partir, je vous conseille de commencer à chercher un logement. Attention, louer un logement au Japon demande souvent un garant et plusieurs frais d’entrée (dépôt de garantie, frais d’agence...). Les options les plus communes sont :

  • Résidences étudiantes (pour les étudiants),
  • Appartements privés (souvent via une agence immobilière),
  • Share houses (maisons partagées),
  • Guest houses pour les débuts.

Renseignez-vous également pour une assurance, vous en aurez besoin.

Attention, une fois le visa de travail délivré, vous devrez entrer au Japon dans le délai spécifié, généralement 3 mois.

Et une fois au Japon ?

À votre arrivée, vous recevrez une carte de séjour (Zairyū Card) à l'aéroport, qui sert de preuve de votre statut de résident au Japon. Il est important de conserver cette carte sur vous en tout temps. Vous devrez également :

  • Vous inscrire à la mairie dans les 14 jours suivant l’arrivée, avec votre Zairyū Card, votre passeport et le formulaire de déclaration de résidence,
  • Ouvrir un compte bancaire, souscrire à une assurance santé (assurance nationale ou privée),
  • Vous inscrire à la sécurité sociale japonaise obligatoire pour tous les résidents,
  • Vous pourrez également faire le nécessaire pour votre permis, même si les conditions vont drastiquement changées.
La durée d'un visa

La durée d’un visa long séjour (travail, études, regroupement familial…) est indiquée directement sur la vignette apposée dans le passeport. Elle est généralement de 6 mois, 1 an ou 3 ans, selon le type de visa et la durée prévue de votre activité au Japon. Le renouvellement ne se fait pas à l’ambassade, mais directement auprès du Bureau de l’Immigration japonais, avant l’expiration de votre statut de résidence, avec (liste non exhaustive) :

  • La Zairyū Card,
  • Votre passeport,
  • Un justificatif d’activité : certificat de scolarité pour les étudiants, contrat de travail pour les salariés,
  • Des justificatifs financiers, selon le statut.

Le renouvellement peut prolonger la durée initiale ou l’ajuster selon votre situation. Une nouvelle Zairyū Card est alors délivrée avec la période mise à jour.

Special Re-entry Permit (再入国許可)

Si vous disposez d’un passeport valide et d’une Zairyū Card, vous pouvez bénéficier du système du Special Re-entry Permit, à condition de revenir au Japon dans un délai inférieur à un an après votre départ. Cela vous permet de quitter le Japon et d’y revenir, sans devoir demander un visa ou un permis de retour standard au préalable.

Comment ça fonctionne concrètement ?

  • Lors de votre départ, vous devez cocher la case “Special Re-entry Permit” sur le formulaire de débarquement (Embarkation and Disembarkation Card for Re-entrants),
  • Ce système est gratuit et immédiat dès votre passage aux douanes sortantes,
  •  Il est valable pour une durée allant jusqu’à 1 an maximum ou jusqu’à l’expiration du statut de résident, si cette échéance est plus proche.
Selon les résidents, le karting est devenu un fléau dans les quartiers populaires, ici à Akihabara.
Conclusion

Certes, cet article ne couvre pas tout, mais il vous servira de base pour un éventuel déménagement sur l'archipel. Bien entendu, certains points n'ont pas été évoqués, mais tombent sous le sens : hormis si vous partez l'étudier, apprendre le japonais est obligatoire, par exemple. Si de grandes sociétés pratiquent l'anglais, il n'en va pas de même dans la vie courante. Même dans les entreprises françaises implantées au Japon, un bon niveau d’anglais est requis et, parfois, le japonais est souhaité. Avoir des bases est indispensable dans la vie de tous les jours et, pour travailler... vous devrez le maitriser, quitte à prendre des cours du soir... De toute façon, il sera difficile de trouver un emploi si ce n'est pas le cas. De même, vous devrez apprendre les usages, notamment la politesse. On ne vous demandera pas un langage soutenu, mais évitez d'être trop familier quand même. Si vous ne les connaissez pas, apprenez les différentes inclinaisons, la façon d'être à table, dans les transports, voire où et quand offrir des cadeaux... De petites attentions qui ne vous feront pas passer pour un rustre d'étranger et qui auront, en plus, l'avantage de plaire à vos collaborateurs et/ou amis.

Attention, le chemin ne sera pas tout rose. De nombreux articles, dont celui de Kanpai ! montrent à quel point il peut être difficile de s'expatrier au Japon. Beaucoup renoncent. Mais si vous le voulez, vous le pourrez, assurément. Le site de l'Union des Français de l’étranger (UFE) regorge d'informations utiles. Bien entendu, celui de l'ambassade du Japon en France est indispensable, de même que celui des Affaires étrangères. Et, comme toujours, n’oubliez pas Infos locales au Japon.

SOURCES

en.immigration-lawyer-japan.comufe.orgfr.emb-japan.go.jpblog.remitly.com/frjp.ambafrance.orgclair.or.jp/e/

ILLUSTRATION DE COUVERTURE

Illustration générée par Intelligence Artificielle, réalisée avec ChatGPT, 2025.

LES IMAGES DE CET ARTICLE, SAUF MENTION CONTRAIRE, SONT LA PROPRIÉTÉ DE ''LE JAPON ET MOI''

 

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