Dans ma série d'articles sur les changements à venir au Japon, en voici un auquel je n'avais pas pensé... et pour cause, je n'ai pas le permis... Depuis plusieurs années, les touristes peuvent conduire au Japon avec un permis international ou une traduction certifiée, comme les Français. Les résidents étrangers, eux, peuvent convertir leur permis en permis japonais. Cela va changer à compter du 1er octobre 2025.
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En 2024, le Japon recense plus de 68 000 demandes de conversion de permis étranger, un chiffre en forte hausse depuis 2019. En parallèle, les accidents impliquant des conducteurs étrangers augmentent, certains ayant défrayé la chronique, comme cette voiture conduite à contresens sur une autoroute, ou encore un accident impliquant plusieurs enfants dans la préfecture de Saitama. Pour les autorités, le système montre ses limites : il permet parfois à des personnes peu familières avec la conduite au Japon d’obtenir un permis sans véritable contrôle.
La révision de la législation entrera en vigueur à partir du 1er octobre 2025, après une période de consultation publique.
Résidence obligatoire
Il ne serait plus possible de convertir un permis de conduire étranger sans résider officiellement au Japon. Le demandeur devrait fournir un certificat de résidence japonais. Cela exclurait de fait les touristes ou les personnes en séjour temporaire, qui pourraient jusqu’ici présenter une adresse d’hôtel ou d’auberge.
Un examen théorique bien plus exigeant
L’épreuve écrite passerait de 10 à 50 questions, sans illustrations, et le seuil de réussite monterait à 90 %. Ce test porterait sur le code de la route japonais, les règles de priorité, la signalisation, la conduite préventive, ou encore les obligations aux passages à niveau. Le niveau exigé serait proche de celui demandé aux candidats japonais.
Une épreuve pratique alignée sur celle des Japonais
La conduite se déroulerait sur circuit, comme pour les candidats japonais, avec une grille d’évaluation plus stricte : respect du stop, distances de sécurité, placement sur la chaussée, réactions aux piétons, etc. L’épreuve pourrait être ajournée dès la première faute jugée grave.
Derrière cette réforme se cache un double objectif. D’abord, renforcer la sécurité routière, face à des conducteurs parfois peu familiers de la conduite à gauche et des règles locales. Ensuite, empêcher les abus : jusqu’à présent, certaines personnes obtenaient un permis japonais sans résider durablement dans le pays, en contournant les vérifications.
Les visiteurs munis d’un permis de conduire international établi selon la Convention de Genève de 1949 sur la circulation routière resteront autorisés à conduire au Japon, dans la limite de la validité du document, généralement un an à compter de l’entrée sur le territoire. Cette réforme ne les concerne pas, tant qu’ils ne chercheront pas à convertir leur permis en permis japonais.
Pour les Français, la traduction officielle délivrée par la Japan Automobile Federation permettrait toujours aux visiteurs de conduire légalement au Japon pendant un an. En revanche, les résidents français de longue durée devront bientôt faire face à des exigences renforcées pour convertir leur permis.
passersonpermisenprovince.fr, nippon.com/fr, nhk.or.jp, infoslocalesaujapon.org
Illustration générée par Intelligence Artificielle, réalisée avec ChatGPT, 2025.