Après la Haute Cour de Tōkyō, c'est au tour de la Cour suprême de confirmer la dissolution de la secte Moon.
La Cour suprême du Japon a donc définitivement confirmé la dissolution de l’organisation religieuse connue sous le nom d’ Église de l’Unification (世界平和統一家庭連合), rejetant le recours exceptionnel déposé par le mouvement. Cette décision met un terme à une longue procédure judiciaire engagée à la suite de l’assassinat de l’ancien Premier ministre Shinzo Abe en juillet 2022.
Dans son arrêt rendu le 22 juin 2026 et annoncé le 23 juin, la troisième chambre de la Cour suprême a estimé à l’unanimité que l’ordonnance de dissolution ne violait ni la liberté de religion ni la liberté d’association garanties par la Constitution japonaise. Les magistrats ont considéré que les activités de l’organisation avaient causé d’importants préjudices financiers et psychologiques à de nombreuses personnes à travers des pratiques de sollicitation de dons jugées abusives et répétées.
Il s’agit d’une décision historique au Japon. C’est en effet la première fois que la plus haute juridiction du pays confirme la dissolution d’une organisation religieuse en raison d’actes illicites relevant du droit civil. La Cour a estimé que les agissements de l’organisation constituaient des actes "portant gravement atteinte au bien-être public", un motif prévu par la loi japonaise sur les personnes morales religieuses.
Le ministère japonais de l’Éducation, de la Culture, des Sports, des Sciences et de la Technologie avait demandé cette dissolution en octobre 2023. Après une première décision favorable du tribunal de district de Tōkyō, puis son maintien par la Haute Cour de Tōkyō en mars 2026, l’organisation avait porté l’affaire devant la Cour suprême. Celle-ci a désormais clos définitivement le dossier.
La dissolution était déjà entrée en vigueur après la décision de la Haute Cour en mars dernier. Les procédures de liquidation des biens et des actifs de l’organisation vont donc se poursuivre. La Cour suprême a également estimé qu’aucune autre mesure ne permettrait de prévenir efficacement la répétition de pratiques similaires à l’avenir.
L’affaire trouve son origine dans l’enquête menée après l’assassinat de Shinzo Abe. Le meurtrier avait déclaré agir en raison du ressentiment qu’il nourrissait envers l’organisation, qu’il accusait d’avoir ruiné sa famille à travers d’importants dons religieux. Cette affaire avait relancé au Japon le débat sur les méthodes de collecte de fonds de certains groupes religieux et sur la protection des fidèles face aux dérives sectaires.