Séisme à Kumamoto : le Japon mobilisé après une catastrophe meurtrière

Le 28 juillet 2026, un puissant séisme de magnitude 7,1 a frappé la préfecture de Kumamoto (熊本県), sur l'île de Kyūshū (九州). La secousse, survenue à 16 h 27, a atteint le niveau maximal de 7 sur l'échelle d'intensité sismique japonaise (震度7, shindo 7) dans plusieurs communes, provoquant d'importants dégâts matériels et un lourd bilan humain.

Au lendemain du séisme, les autorités japonaises font déjà état de 18 morts, de nombreux blessés et de plusieurs personnes toujours portées disparues. Les opérations de recherche se poursuivent dans des conditions difficiles, compliquées par les répliques, la chaleur estivale et le risque d'effondrement de bâtiments fragilisés.

L'un des drames les plus marquants s'est produit dans un centre commercial AEON Mall de la ville de Kashima, où une violente explosion, vraisemblablement provoquée par une fuite de gaz consécutive au séisme, a entraîné l'effondrement d'une partie du bâtiment. Les équipes de secours continuent d'y rechercher d'éventuels survivants.

Le tremblement de terre a provoqué l'effondrement de plusieurs habitations, des incendies, des glissements de terrain ainsi que des ruptures de canalisations d'eau et de gaz. Des dizaines de milliers de foyers ont été privés d'électricité dans les heures qui ont suivi la catastrophe, tandis que plusieurs axes routiers sont devenus impraticables. Les autorités ont également ouvert des centres d'évacuation pour accueillir les habitants ayant dû quitter leur domicile.

Le château de Kumamoto (熊本城), déjà lourdement endommagé lors des séismes de 2016 et toujours en cours de restauration, a subi de nouveaux dégâts. Plusieurs murs en pierre se sont effondrés et certaines zones du site ont été fermées au public afin de permettre des inspections approfondies.

Le gouvernement japonais a rapidement mis en place une cellule de crise. Des milliers de membres des Forces japonaises d'autodéfense ont été déployés aux côtés des pompiers, de la police et des équipes de secours spécialisées afin de rechercher les personnes disparues et d'acheminer de l'aide aux zones les plus touchées.

L'Agence météorologique japonaise (JMA) a par ailleurs appelé la population à rester vigilante. De nombreuses répliques ont déjà été enregistrées et le risque de nouveaux glissements de terrain demeure élevé, notamment en raison des fortes chaleurs et de la fragilisation des sols. Une alerte au tsunami avait été émise immédiatement après le séisme avant d'être rapidement levée, les vagues observées étant restées de faible amplitude.

Ce nouveau séisme ravive les souvenirs des séismes de Kumamoto de 2016, qui avaient fait plus de 270 victimes directes et indirectes et causé d'importants dégâts dans toute la région. Dix ans plus tard, certaines infrastructures étaient encore en cours de reconstruction lorsque cette nouvelle catastrophe a frappé la préfecture.

Une fois encore, le Japon démontre la solidité de son organisation face aux catastrophes naturelles. Malgré l'ampleur des dégâts, les normes de construction parasismiques, les systèmes d'alerte précoce et la rapidité de l'intervention des secours ont permis de limiter un bilan qui aurait pu être bien plus lourd.

Comprendre l'échelle japonaise Shindo (気象庁震度階級)

Si les médias internationaux mettent souvent en avant la magnitude, les Japonais s'intéressent surtout à l'intensité sismique. La magnitude mesure l'énergie libérée par un séisme, tandis que le Shindo indique la violence des secousses ressenties en un lieu précis. Un séisme de magnitude modérée peut ainsi produire une intensité très élevée si son foyer est peu profond et proche des zones habitées.

L'échelle japonaise va de 0 à 7.

  • À Shindo 1, seules quelques personnes perçoivent une légère vibration.
  • À Shindo 3, les secousses sont ressenties par la plupart des habitants et les objets suspendus commencent à osciller.
  • À partir de Shindo 4, la vaisselle peut tomber des étagères et les meubles commencent à se déplacer.
  • Les niveaux Shindo 5 faible et 5 fort correspondent déjà à des secousses impressionnantes. Il devient difficile de marcher normalement, les bibliothèques peuvent basculer et certains bâtiments subissent des dommages.
  • À Shindo 6, rester debout devient très compliqué. Les objets lourds se déplacent, des murs peuvent s'effondrer et les bâtiments les plus anciens sont fortement endommagés.
  • Le niveau Shindo 7, atteint lors de ce séisme, est exceptionnel. Il correspond à des secousses si violentes qu'il devient pratiquement impossible de rester debout. Les meubles non fixés sont renversés, des bâtiments peuvent s'effondrer et les infrastructures subir des dommages importants.
Un rappel permanent de la réalité japonaise

Situé sur la Ceinture de feu du Pacifique, le Japon connaît chaque année plusieurs milliers de secousses, dont la grande majorité sont imperceptibles. Les séismes destructeurs restent toutefois relativement rares.

Cet événement rappelle une nouvelle fois l'importance des normes parasismiques japonaises, des systèmes d'alerte précoce et de la préparation permanente de la population. Malgré la violence des secousses, la réaction rapide des autorités et la résilience des infrastructures ont permis de limiter les conséquences humaines.

© france24.com

SOURCES

asahi.comenglish.kyodonews.netjapantoday.com3.nhk.or.jp

PHOTO DE COUVERTURE

© NHK World

Séisme à Kumamoto : le Japon mobilisé après une catastrophe meurtrière
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article