80 ans après les bombes... Les hibakusha

Il y a près de 80 ans, le 6 août 1945 à 8h15, heure locale, la ville d’Hiroshima (広島) disparaît presque entièrement sous un champignon atomique. Trois jours plus tard, Nagasaki (長崎) connaît le même sort. Au cœur de ces drames, il y a ceux qui ont survécu.

On les appelle les hibakusha (被爆者), littéralement "personnes exposées à la bombe".

J'ai découvert leur histoire en 2017, lors de ma visite au musée du Mémorial pour la paix à Hiroshima. Une salle, silencieuse, exposait des carnets, des vêtements calcinés, des portraits. Ce ne sont pas des reliques du passé, ce sont des morceaux de vies marquées à jamais.

Une seule bombe atomique a coûté la vie à de nombreuses personnes sans distinction et a bouleversé la vie des survivants. Le Musée du Mémorial de la Paix de Hiroshima utilise des documents, des objets personnels et des témoignages liés à l'explosion pour informer le monde entier de l'horreur et de l'inhumanité des armes nucléaires et pour appeler à ce qu'il n'y ait plus jamais de Hiroshima.

Musée d’Hiroshima pour la paix

Si l'entrée du parc est gratuite, le Musée d’Hiroshima pour la paix est un incontournable. Il ne vous en coûtera que 200 ¥ (2025). Pour ma part, je compte y retourner lors de mon prochain séjour, en 2026.
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Qui sont les hibakusha ?

Le terme désigne toutes les personnes ayant été exposées aux bombardements atomiques d’Hiroshima et de Nagasaki, que ce soit au moment de l’explosion ou dans les semaines qui ont suivi. Cela inclut :

  • Les personnes présentes dans les villes le jour même (6 et 9 août 1945),
  • Celles entrées dans les zones touchées dans les deux semaines suivantes,
  • Et les fœtus portés par des femmes enceintes ayant subi l’exposition.

Les hibakusha ont souffert d’effets multiples : brûlures, cancers, leucémies, cécité, stérilité, fatigue chronique, déformation des os… À cela s’ajoutent les traumatismes psychologiques. Certains ont perdu toute leur famille, d’autres ont vu leur corps mutilé rejeté par la société.

Le gouvernement japonais a reconnu très tôt la spécificité de leur condition, avec des lois de soutien votées dès les années 1950, offrant une aide médicale gratuite, des pensions, et un suivi psychologique. Par exemple, dès 1957, le gouvernement japonais promulgue la Loi sur le secours médical aux victimes de la bombe atomique (原子爆弾被爆者医療保護法). Ainsi, selon le Ministère japonais de la santé, au total, près de 650 000 personnes sont officiellement reconnues comme hibakusha après-guerre.  Aujourd’hui encore, chaque hibakusha détient un carnet de santé spécial, la preuve de sa reconnaissance officielle. 

Au 31 mars 2025, les autorités japonaises dénombraient 99 130 hibakusha vivants, soit une baisse de 7 695 en un an. La moyenne d’âge était alors de 86,13 ans. Parmi eux, 35 730 vivaient à Hiroshima et 17 154 à Nagasaki.

© Nippon.com

Chaque 6 août à Hiroshima et chaque 9 août à Nagasaki, les noms des hibakusha décédés au cours de l’année sont inscrits sur les monuments commémoratifs. En 2024, 344 306 noms figurent au Mémorial de la paix d’Hiroshima, et 198 785 à celui de Nagasaki.

Une double peine

Si l'État japonais réagit assez vite, même si tout est relatif. Dans les années qui suivent les bombardements d’Hiroshima et de Nagasaki, beaucoup de survivants doivent faire face à un rejet social inattendu. On les considère comme "différents", comme des corps potentiellement contaminés ou instables. Les effets des radiations sont alors mal compris, y compris par la médecine japonaise de l’époque. La peur de la contagion s’installe...

On craint que les hibakusha puissent transmettre des maladies génétiques, que leur descendance soit atteinte d’anomalies, ou qu’eux-mêmes soient mentalement affectés par leur expérience. Ces croyances provoquent un rejet silencieux, mais puissant : des entreprises hésitent à les embaucher, des familles s’opposent à des mariages avec un ou une hibakusha, des enfants subissent l’ostracisme à l’école.

L’étiquette invisible de "contaminé" (被曝した者) devient un frein à une vie normale.

Ce silence, beaucoup l’ont gardé toute leur vie. Par pudeur, par peur, ou pour protéger leurs proches, de nombreux hibakusha n’ont jamais révélé leur statut, ni même demandé le certificat officiel qui leur donnait droit à un suivi médical et à des aides financières. On estime ainsi que plusieurs dizaines de milliers de survivants ont vécu sans jamais être reconnus, renonçant à leurs droits pour éviter la discrimination. Ce tabou social touche aussi les survivants de la "pluie noire" (黒い雨,) — une pluie radioactive tombée après l’explosion — qui n’ont été officiellement reconnus comme victimes qu’en 2020, soit 75 ans après les faits.

Aujourd’hui encore, la peur de la différence, la stigmatisation du handicap ou de la maladie restent des enjeux dans la société japonaise. Les hibakusha, par leur combat silencieux, nous rappellent que la paix ne se construit pas seulement en évitant la guerre, mais aussi en accueillant pleinement ceux qui en ont été blessés.

Le devoir de mémoire

Il faut attendre les années 1980 pour que les discriminations commencent à être ouvertement dénoncées.

Les témoignages se font plus nombreux, notamment grâce à la fédération Nihon Hidankyō (日本原水爆被害者団体協議会), qui rassemble les hibakusha et porte leur voix devant les autorités japonaises et internationales. Les efforts pour préserver cette mémoire ne sont pas seulement un hommage : ils sont aussi un acte de réparation et de transmission. D'ailleurs, l’organisation a reçu le Prix Nobel de la Paix 2024 pour son travail de transmission et de plaidoyer en faveur du désarmement nucléaire.

Des hibakusha témoignent encore dans les écoles, les musées, les conférences internationales. Ils ne portent pas de haine. Leurs mots sont des appels à la paix, au désarmement, à la mémoire. Toutefois, avec l’âge avancé des derniers survivants, un enjeu devient pressant : comment préserver cette mémoire ?

Le Japon enregistre désormais des témoignages audio et vidéo, développe des programmes éducatifs et numérise les archives. Certaines écoles invitent les jeunes à devenir les "héritiers de la mémoire" (語り部の継承者), pour continuer à transmettre ce que les hibakusha ne pourront bientôt plus raconter eux-mêmes.

Je vous invite, de nouveau, à regarder "Twice, j’ai survécu à deux bombes nucléaires", le documentaire réalisé en 2010 par Inazuka Hidetaka, qui raconte le parcours extraordinaire de Yamaguchi Tsutomu le seul survivant officiellement reconnu par le gouvernement japonais pour avoir vécu les bombardements d’Hiroshima et de Nagasaki.

BIBLIOGRAPHIE

Je ne peux que vous conseiller également le livre de Nakazawa Keiji, ''J'avais six ans à Hiroshima'' chez Le Cherche-Midi. Poignant, ce livre ne vous laissera pas indemne et vous fera découvrir un pan de l'histoire atomique peu connu... Celui des "expériences" américaines sur les rescapés...

Le six août 1945, à 8h15 du matin, l'apparition d'une gigantesque boule de feu à cinq cents mètres d'altitude au-dessus d'Hiroshima marque l'entrée de notre "civilisation" dans l'ère nucléaire. Rien, jamais, ne sera plus comme avant. Les 200 000 morts d'Hiroshima, bientôt suivis des 140 000 morts de Nagasaki, le 9 août, symbolisent, bien malgré eux, cette barbarie rendue possible, hélas, par la science. Soixante ans après la tragédie, le témoignage de Keiji Nakazawa, dans sa nudité même, est hallucinant de vérité. L'auteur nous fait littéralement voir, à travers ses yeux d'enfant puis sa mémoire d'adulte, l'horreur qu'a vécue la population de cette ville martyre, frappée par l'apocalypse nucléaire.
Après avoir lu ces pages - photos à l'appui - on ne peut qu'approuver la position de Bernard Clavel développée dans La peur et la Honte quand il affirme, en pacifiste militant :" C'est le germe de la guerre qu'il faudrait extraire du cœur de l'homme. "

Pluie noire de Ibuse Masuji (井伏 鱒二,) chez Folio. Publié d’abord en feuilleton de janvier 1965, puis en volume en 1966, ce roman s’appuie sur le journal intime de Shigematsu Shizuma, l’oncle de Yasuko, une jeune femme vivant près d’Hiroshima après la bombe de 1945 

Cinq ans après l'explosion de la bombe, la jeune Yasuko vit avec son oncle et sa tante dans un village proche d'Hiroshima où ils se sont réfugiés après la destruction de la ville. Gracieuse, intelligente et douce, Yasuko ne parvient pourtant pas à se marier. En effet, le bruit court qu'elle a reçu l'averse de pluie noire qui retomba sur tout l'ouest de la ville, après que s'était élevé dans le ciel le monstrueux nuage atomique. Cette pluie était radioactive. Puisque Yakuso ne présent aucun signe de maladie, son oncle entreprend de démontrer qu'elle n'a pas été atteinte. Il a donc recours au journal qu'il tenait en 1945 et à celui de la jeune fille.Tel est le parti - romanesque - pris par l'écrivain pour établir la plus extraordinaire, la plus exacte des relations sur un événement dont l'atrocité devait définitivement modifier les conditions de l'emploi de la force et du recours à la guerre dans le monde.

POUR ALLER PLUS LOIN

En 1947, les États-Unis créent une commission baptisée ABCC (Atomic Bomb Casualty Commission), installée sur place pour étudier les effets des radiations.

Pendant des années, des milliers de survivants, dont de nombreux enfants comme Nakazawa Keiji – auteur du poignant J’avais six ans à Hiroshima et de Gen d'Hiroshima – sont convoqués pour passer des tests médicaux : prélèvements sanguins, radiographies, examens cliniques. Mais aucun traitement ne leur est jamais proposé. « On nous faisait déshabiller, on nous photographiait, on mesurait nos cicatrices. Mais on ne nous donnait jamais de médicaments. », écrira-t-il. Pour beaucoup, l’ABCC représente une nouvelle violence : être utilisé comme objet d’étude sans compassion. Le ressentiment est si fort qu’il traverse encore la mémoire collective des hibakusha aujourd’hui.

En 1975, l’ABCC est remplacé par une fondation binationalisée, la RERF (Radiation Effects Research Foundation), qui conserve les données médicales mais travaille désormais avec un encadrement éthique renforcé.

SOURCES

japantimes.co.jp/newsnobelprize.orgnippon.comasahi.commhlw.go.jp/englishcity.hiroshima.lg.jp/english/rerf.or.jp/en/

PHOTO D'ILLUSTRATION

Recueillement devant le dôme de Genbaku (原爆ドーム) à, à Hiroshima © Le Japon et moi - 2017

LES IMAGES DE CET ARTICLE, SAUF MENTION CONTRAIRE, SONT LA PROPRIÉTÉ DE ''LE JAPON ET MOI''

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