Trois parcs à thème dont un Dragon Ball en Île-de-France

Le 24 août 2026, la France et l’Arabie saoudite ont officiellement annoncé la création d’une nouvelle destination de loisirs à Cergy-Pontoise, dans le Val-d’Oise. Ce projet inclut trois parcs à thème, dont l’un sera entièrement dédié à l’univers de Dragon Ball. Porté par le fonds souverain saoudien, il pourrait redonner vie à l’ancien site de Mirapolis, à Courdimanche, fermé depuis 1991.

L’Arabie saoudite, par l’intermédiaire de Qiddiya Investment Company, investira six milliards d’euros dans l’ensemble du projet. Ce montant record, annoncé en présence d’Emmanuel Macron et du prince héritier Mohammed ben Salmane, vise à faire de ce complexe l’une des plus grandes destinations de loisirs en Europe. Selon les estimations, ce projet pourrait générer jusqu’à 22 000 emplois directs, un atout majeur pour l’économie locale.

Qiddiya Investment Company, filiale du Public Investment Fund, développe déjà en Arabie saoudite Qiddiya City, une destination dédiée au sport, au tourisme et au divertissement. En mars 2024, la société a annoncé la construction du premier parc Dragon Ball au monde, près de Riyad. Ce projet pharaonique comprend plus de 500 000 mètres carrés de superficie, sept zones thématiques, dont Kame House, Capsule Corporation et la planète de Beerus, ainsi que plus de 30 attractions, avec en point d’orgue un Shenron de 70 mètres de haut abritant une montagne russe.

Pour la France, ce projet représente un investissement étranger majeur dans le secteur du tourisme et des loisirs, avec un impact économique et social significatif. Pour l’Arabie saoudite, il s’agit d’une nouvelle étape dans sa stratégie de diversification économique, conforme à sa Vision 2030, qui vise à réduire sa dépendance au pétrole en développant des secteurs comme le tourisme, le sport et le divertissement. Ce partenariat franco-saoudien illustre également la volonté de l’Arabie saoudite d’exporter son savoir-faire en matière de grands projets de loisirs, après le succès de ses propres réalisations dans le royaume.

Aucune date d’ouverture n’a pour l’instant été communiquée pour le projet français. Les travaux dépendront des autorisations d’urbanisme et des procédures administratives, un processus qui pourrait s’étaler sur plusieurs années. Si l’implantation à Courdimanche semble très probable, l’annonce officielle porte sur Cergy-Pontoise dans son ensemble. Les détails précis sur la répartition des trois parcs, dont les deux autres thématiques restent secrètes, n’ont pas encore été dévoilés.

Un partenariat qui interroge

Si l’annonce de ce projet a été saluée pour son potentiel économique, elle soulève également des questions. L’Arabie saoudite, par l’intermédiaire de son fonds souverain, est en effet le principal investisseur de ce complexe. Or, le royaume est régulièrement critiqué pour son bilan en matière de droits humains, notamment par des organisations internationales comme Amnesty International ou Human Rights Watch. Ce partenariat s’inscrit dans une stratégie plus large de diversification économique du pays, mais aussi dans une volonté de renforcer son image à l’international, parfois qualifiée de sportwashing ou de culturewashing par certains observateurs.

La question des droits

Cette question, pourtant majeure, semble passer aux oubliettes. Mais, selon plusieurs médias français, le projet de parc Dragon Ball en Île-de-France se heurte à un obstacle de taille : les ayants droit japonais n’auraient pas encore donné leur accord pour l’exploitation de la licence et des personnages en France. 

Sur le site Journal du Geek, Julie Hay rappelle : "La négociation des droits d’exploitation est complexe, surtout au Japon, où les entreprises sont très conservatrices de leurs œuvres et de leur personnage. Dans le cas de Dragon Ball, la situation est encore plus compliquée depuis la mort du créateur Akira Toriyama en 2024. Les droits de ses œuvres sont répartis entre différentes entreprises, la Toei mais aussi la maison d’édition Shueisha et même Bandai Namco. Ce sont autant de firmes que Qiddiya Investment va devoir convaincre."

À suivre donc...

© BIRD STUDIO/SHUEISHA, TOEI ANIMATION

Dragon Ball et Akira Toriyama

Pour finir, on ne peut pas ne pas parler de l'œuvre de Toriyama Akira (鳥山明).

Tout le monde connaît Dragon Ball (ドラゴンボール), le manga imaginé par l'auteur. Publié pour la première fois au Japon en 1984 dans le magazine Weekly Shōnen Jump, il raconte les aventures de Son Gokū (孫悟空), un jeune garçon doté d'une force exceptionnelle, parti à la recherche des sept Dragon Balls capables d'exaucer un vœu. L'histoire évolue ensuite vers des combats toujours plus spectaculaires, avec des personnages devenus incontournables comme Vegeta (ベジータ), Piccolo (ピッコロ) ou Freezer (フリーザ).

Avec plus de 260 millions d'exemplaires vendus dans le monde, Dragon Ball compte parmi les mangas les plus populaires de l'histoire. Son adaptation en anime contribue largement à son succès international, notamment en France où Dragon Ball et Dragon Ball Z marquent toute une génération à partir de la fin des années 1980.

Né en 1955 à Kiyosu, dans la préfecture d'Aichi, Toriyama Akira connaît également un immense succès avec Dr. Slump (Dr.スランプ), publié avant Dragon Ball. Il devient ensuite l'un des auteurs japonais les plus influents de sa génération. Il décède le 1er mars 2024, à l'âge de 68 ans, laissant derrière lui une œuvre dont l'influence dépasse largement le monde du manga.

SOURCES

franceinfo.frbatiweb.comparcsetloisirs.frsuperpouvoir.com

PHOTO DE COUVERTURE

© BIRD STUDIO/SHUEISHA, TOEI ANIMATION

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