Fushimi-jō (伏見城), également appelé Momoyama-jō (桃山城), occupe une place particulière dans l’histoire de Kyōto. Construit par Toyotomi Hideyoshi (豊臣秀吉) à la fin du XVIe siècle, puis reconstruit par Tokugawa Ieyasu (徳川家康), il joue un rôle politique et militaire majeur avant de disparaître au début de l’époque d’Edo.
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L’histoire de Fushimi-jō commence en 1592, lorsque Toyotomi Hideyoshi fait édifier une résidence sur la colline de Shigetsu. Le projet évolue rapidement pour devenir un véritable château. Cette première construction, appelée Shigetsu-Fushimi-jō (指月伏見城), est achevée en quelques mois, mais elle est détruite par le puissant séisme de 1596. Hideyoshi abandonne alors le site et fait construire un nouveau château sur les hauteurs de Kobatayama, à l'emplacement de l'actuel Momoyama.
Ce second Fushimi-jō devient l'une des résidences importantes de Hideyoshi. Le château comprend des espaces résidentiels, des pavillons de thé et différents bâtiments destinés à accueillir le pouvoir politique. Dans le même temps, Hideyoshi développe considérablement la ville située autour du château : les quartiers sont réorganisés, les résidences des samurai et des marchands sont installées selon un plan précis et Fushimi devient progressivement une véritable jōkamachi.
Après la mort de Hideyoshi en 1598, Fushimi-jō passe sous le contrôle de Tokugawa Ieyasu. En 1600, pendant la campagne qui précède la bataille de Sekigahara, le château devient l'un des principaux points de résistance du camp de Tokugawa. Torii Mototada (鳥居元忠) en assure la défense face aux forces occidentales. Après un siège particulièrement violent, le château tombe et brûle.
Ieyasu fait reconstruire Fushimi-jō dès 1601. Le château conserve alors une fonction politique importante. Ieyasu y passe une partie importante de son temps et y devient shōgun en 1603. Fushimi reste ensuite un point d'appui du pouvoir Tokugawa jusqu'à la disparition du clan Toyotomi après les sièges d'Ōsaka.
En 1623, après la dernière visite de Tokugawa Iemitsu à Fushimi-jō et la fin définitive de sa fonction politique, le château est démantelé. Cette disparition ne signifie toutefois pas que ses matériaux disparaissent avec lui. Une partie des bâtiments et des matériaux est récupérée et réemployée dans d'autres constructions, notamment à Yodo-jō (淀城), édifié la même année pour remplacer Fushimi-jō comme forteresse chargée de protéger l'accès sud de Kyōto. Des pierres provenant de Fushimi-jō sont ainsi intégrées aux murailles du nouveau château, comme l'ont confirmé les recherches sur les fortifications de Yodo.
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Le phénomène est particulièrement important pour les éléments en bois. Après le démantèlement, plusieurs bâtiments sont transférés dans des temples et des sanctuaires de Kyōto et des environs. Certains planchers sont même réutilisés comme plafonds, donnant naissance à ce que l'on appelle les "plafonds de sang", associés à la mort des défenseurs de Fushimi-jō lors du siège de 1600. D'autres éléments, comme des portes, sont également conservés dans différents édifices. La plupart des éléments aujourd'hui attribués à Fushimi-jō proviennent toutefois du château de l'époque de Tokugawa Ieyasu, et non du premier château construit par Toyotomi Hideyoshi. (voir la liste plus bas)
Fushimi-jō se développe sur les hauteurs de Momoyama, dans une position qui permet de contrôler les principaux axes de circulation autour de Kyōto. Le château s'organise autour de plusieurs enceintes et comprend à la fois des installations défensives et de vastes espaces résidentiels destinés à Toyotomi Hideyoshi et à son entourage.
Le château de Hideyoshi se distingue surtout par son architecture particulièrement luxueuse. Fushimi-jō n'est pas uniquement conçu comme une forteresse : il constitue également une résidence politique destinée à recevoir les proches du pouvoir et les représentants des différents daimyō. Les bâtiments résidentiels sont richement décorés et témoignent du goût de Hideyoshi pour les constructions monumentales et les décors fastueux.
Le tenshu domine l'ensemble. Sa forme exacte reste toutefois discutée : les sources présentent notamment une hypothèse d'un donjon à trois niveaux et une autre à cinq niveaux. Cette incertitude explique notamment les différences entre les représentations modernes du château et les différentes maquettes ou reconstitutions.
L'architecture défensive repose également sur les ishigaki, les fossés et les différentes enceintes qui structurent la colline. Comme pour de nombreux châteaux japonais de cette période, l'organisation du site exploite directement le relief afin de multiplier les obstacles avant d'atteindre les parties centrales du château.
Le château reconstruit par Tokugawa Ieyasu reprend en grande partie l'organisation du site, mais Fushimi-jō connaît alors une nouvelle phase de construction et d'aménagement. Après son démantèlement en 1623, une partie de ses matériaux est récupérée et réutilisée dans différents temples et sanctuaires de Kyōto.
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Le château que l'on aperçoit aujourd'hui dans le parc de Fushimi-Momoyama est une reconstruction moderne en béton. Construit en 1964 pour l'ancien parc d'attractions Fushimi-Momoyama Castle Land, l'intérieur du tenshu n'est plus accessible depuis la fermeture de celui-ci en 2003. Toutefois, j'y ai passé un bon moment, car cette copie est quelque peu photogénique. Une demi-heure suffit à faire le tour du lieu, mais vous pourrez ensuite visiter le Mauasolée de l'Empereur Meiji, situé non loin.
L'intérêt architectural de Fushimi-jō réside aujourd'hui davantage dans les éléments dispersés après le démantèlement du château. Plusieurs portes et autres structures ont été réemployées dans différents temples et sanctuaires. Les matériaux du château ont également été réutilisés pour construire Yodo-jō (淀城), édifié à partir de 1623 après l'abandon définitif de Fushimi-jō. Des pierres provenant de Fushimi-jō ont notamment été intégrées aux murailles du honmaru et au tenshudai du nouveau château, certaines portant encore des marques d'artisans permettant de faire le lien entre les deux sites.
Personnellement, outre Yodo-jō, j'ai déjà visités divers lieux :
On peut également citer :
Cette dispersion est particulièrement intéressante pour comprendre ce que devient un château après sa disparition : Fushimi-jō ne subsiste plus sous la forme d'un ensemble cohérent, mais à travers des fragments répartis dans différents sites de Kyōto et de ses environs.
Les vestiges du premier Fushimi-jō
Pour aller plus loin, il est possible de rejoindre le site du Shigetsu-Fushimi-jō (指月伏見城). Les fouilles ont mis au jour des portions d'ishigaki du premier château, détruit par le séisme de 1596. Ces vestiges sont aujourd'hui présentés au public. Je ne l'ai pas visité, mais JCastle indique que le site se trouve à environ deux minutes à pied de la station Kangetsukyō (観月橋) de la ligne Keihan Uji. La visite est libre et gratuite
Dans l'ordre, la Hitsujisaru-yagura du château d'Akashi, la Kara-mon du Nishi Hongan-ji, celle du Toyokuni-jinja, la Chokushi-mon du Tenryū-ji et le Yōgen-in (les photos y sont interdites)
Depuis Kyōto Station, prenez la ligne JR Nara jusqu'à Momoyama (桃山). Le trajet dure environ 12 minutes, puis il faut compter environ 20 minutes à pied jusqu'au château.
Deux autres possibilités existent avec Momoyama-Goryōmae (桃山御陵前) sur la ligne Kintetsu Kyoto et Fushimi-Momoyama (伏見桃山) sur la ligne Keihan. Ces deux stations permettent également de rejoindre le château à pied.
Adresse : Momoyama-chō, Fushimi-ku, Kyōto
Horaires : Accès libre.
Tarif adulte : Gratuit.
Temps de visite moyen : Environ 30 minutes.
jcastle.info, city.kyoto.lg.jp, kanpai.fr
De loin, on ne penserait pas à une reconstitution pour un parc d'attraction © Le Japon et moi - 2026
HORS MENTION CONTRAIRE, LES PHOTOS DE CET ARTICLE ONT ÉTÉ PRISES PAR DOMINIQUE POUR LE JAPON ET MOI