Les Daibutsu du Japon : à la rencontre des géants bouddhiques

Si j’aime les châteaux, il m’est également impossible de ne pas, quand c’est possible, visiter les impressionnants Daibutsu (大仏), ces grandes statues bouddhiques qui se dressent dans certains temples, voire dans des parcs. Certains sont célèbres dans le monde entier, comme ceux de Nara et de Kamakura, tandis que d’autres, beaucoup moins connus, réservent parfois de belles surprises.

AVANT-PROPOS

Le terme japonais Daibutsu (大仏) signifie littéralement "Grand Bouddha". Il désigne communément une grande statue bouddhique, généralement de dimensions supérieures à celles d'un jōroku-butsu (丈六仏), c'est-à-dire une statue correspondant symboliquement à la taille attribuée au Bouddha historique.

Le terme jōroku (丈六) signifie littéralement "un jō et six shaku", soit environ 4,8 mètres selon les unités traditionnellement utilisées pour les statues. Cette dimension serait fondée sur la croyance selon laquelle le Bouddha mesurait un jō et six shaku. Pour une statue assise, la référence est différente : comme la mesure correspond à la hauteur d'une statue debout, un Bouddha assis de jōroku mesure environ la moitié, soit huit shaku.

Il n'existe toutefois pas de limite absolue permettant de déterminer qu'une statue est ou n'est pas un Daibutsu. Dans l'usage japonais, certaines statues plus petites que le jōroku sont néanmoins désignées comme telles. Le terme décrit donc avant tout une statue bouddhique de grande taille, plutôt qu'une catégorie strictement définie par une hauteur précise.

Enfin, malgré son nom, un Daibutsu n'est pas nécessairement une représentation du Bouddha historique Shaka Nyorai (釈迦如来). Les statues désignées comme Daibutsu peuvent représenter différentes figures du bouddhisme, notamment Amida Nyorai (阿弥陀如来), Dainichi Nyorai (大日如来) ou Yakushi Nyorai (薬師如来).

Voici la liste de tous ceux que j'ai pu visiter lors de mes différents voyages (n'ayant pas trouvé de liste officielle, la liste dont je me sers vient du Wikipedia japonais).

Ushiku Daibutsu Kamakura Daibutsu
Tōkyō Daibutsu Atama Daibutsu
Tōdai-ji Daibutsu Ueno Daibutsu
Hotei no Daibutsu Jūraku-en Daibutsu
Kita Daibutsu Nagoya Daibutsu
Shakamuni Daibutsu Gokoku-ji Daibutsu
Nehan Daibutsu  

Elle est suivie de celle reprenant des statues de Bouddha ou de Botthisatva n'étant pas considérés comme Daibutsu, mais que je trouve intéressants à voir, si vous passez dans le coin. Attention, bien entendu, je ne cite que des lieux vus, donc la Sendai Daikannon (仙台 大観音) ou la statue de Kannon de la baie de Tokyo sont absentes de cette liste.

Ryōzen Kannon Jūichimen Senju Kannon
Yanaka Daikannon Jibo Kannon

Ces listes et la carte My maps associée seront mises à jour au fur et à mesure des visites.

Ushiku Daibutsu (牛久大仏)

HISTOIRE

Le Ushiku Daibutsu est une monumentale statue en bronze représentant Amida Nyorai (阿弥陀如来). Sa construction, réalisée sur une période de dix ans, s'achève en novembre 1992. La statue est ouverte au public le 3 juillet 1993.

Avec ses 120 m de hauteur totale, le Ushiku Daibutsu domine largement le paysage environnant. La statue elle-même mesure 100 m, tandis que le socle et le lotus portent l'ensemble à 120 m. Ses dimensions lui valent d'être inscrite en 1995 au Guinness World Records comme la plus haute statue de Bouddha en bronze.

Le choix de cette hauteur n'est pas seulement lié à la volonté de créer une statue monumentale : les 120 m font référence aux douze rayons de lumière d'Amida Nyorai.

VISITE

Une visite absolument vertigineuse ! Ce Daibutsu est une prouesse technique et spirituelle monumentale. On se sent vraiment minuscule face à ses 120 mètres de bronze.

J'ai visité le Ushiku Daibutsu pendant le Hanami (花見) en 2023, et le spectacle des cerisiers mêlés aux tapis de Shibazakura (芝桜) au pied de la statue reste l'un de mes plus beaux souvenirs photographiques de ce voyage.

L'intérieur de la statue vaut vraiment le détour, notamment la salle qui abrite les milliers de statuettes dorées, ainsi que l'espace de méditation, qui offre une sérénité incroyable après l'ascension.

Petit conseil d'ami : à la gare d'Ushiku, ne faites pas comme moi : vérifiez bien que vous sortez du côté Est pour prendre le bus. Sinon, préparez-vous à une marche de 9 km à travers les champs ! C'est faisable, et la vue du Bouddha qui grandit à l'horizon est superbe, mais vos jambes s'en souviendront.

COMMENT S'Y RENDRE

Depuis Tokyo, le plus simple est de prendre la ligne JR Jōban jusqu'à la gare de Ushiku (牛久駅). Depuis la sortie Est, le bus pour "Ushiku Daibutsu・Ushiku Jōen" ou "Ami Premium Outlet" dessert directement le site. L'arrêt "Ushiku Daibutsu" se trouve devant l'entrée. Le trajet dure environ 20 à 30 minutes.

En voiture, le site est notamment accessible depuis l'Ami-Higashi IC de la Ken'ō Expressway, situé à environ 2 km, soit environ trois minutes de route. Un parking gratuit est disponible sur place.

INFOS PRATIQUES

Rattachement : Ushiku Jōen (牛久浄苑)
Hauteur : 120 m
Adresse : 2083 Kuno-chō, Ushiku, Ibaraki 300-1288, Japon.
Horaires : de 9 h 30 à 17 heures de mars à septembre en semaine, jusqu'à 17 h 30 les samedis, dimanches et jours fériés. D'octobre à février, fermeture à 16 h 30. La dernière vente des billets intervient avant la fermeture.
Tarif adulte : 900 yens pour l'accès complet au Daibutsu et au jardin ; 600 yens pour le jardin seul.

Site officiel

Il est vraiment impressionnant !

Il est vraiment impressionnant !

Kamakura Daibutsu (鎌倉大仏)

HISTOIRE

Le Kamakura Daibutsu est le principal objet de vénération de Kōtoku-in. Il s’agit d’une statue en bronze d’Amida Nyorai (阿弥陀如来), haute d’environ 11,3 mètres et pesant près de 121 tonnes. Elle est classée Trésor national et conserve aujourd’hui encore une apparence très proche de celle qu’elle avait à l’origine.

La construction de la statue commence en 1252, sous le shogunat de Kamakura. Les circonstances exactes de sa réalisation restent toutefois mal connues : le moine Jōkō est traditionnellement associé à la collecte des fonds nécessaires à sa construction, mais l’identité du sculpteur demeure inconnue.

Le Daibutsu n'a pas toujours été exposé à ciel ouvert. Il était autrefois abrité par un vaste Daibutsuden (大仏殿). Celui-ci fut détruit puis reconstruit à plusieurs reprises, notamment à la suite de catastrophes naturelles. Les recherches archéologiques menées entre 2000 et 2001 ont permis de retrouver des vestiges liés à l'édifice et de mieux comprendre ses dimensions.

À la fin de l’époque de Muromachi (室町時代), le bâtiment avait définitivement disparu et le Daibutsu se retrouvait exposé aux éléments. C’est cette situation qui lui vaut encore aujourd’hui son surnom de "Daibutsu à ciel ouvert" (露坐の大仏).

VISITE

J’ai visité le Kōtoku-in deux fois, en 2017 et en 2023, et je compte bien y retourner en 2027. Pour moi, il s’agit de la visite incontournable de Kamakura. Bien entendu, il faut s’attendre à y trouver un véritable amas de touristes, mais cela n’enlève rien à la beauté du lieu et du Daibutsu, qui reste vraiment magnifique.

Lors de ma première visite, c’est évidemment la statue qui s’est imposée immédiatement : difficile de rester indifférent devant cet immense Amida Nyorai de bronze installé en plein air.

Il est également possible d’entrer à l’intérieur du Daibutsu. L’espace est assez réduit, mais cette courte visite permet de découvrir l’envers de la statue et d’observer sa structure. Les deux ouvertures visibles dans son dos sont notamment bien reconnaissables depuis l’extérieur.

Même avec la foule, le Kamakura Daibutsu reste pour moi l’un des monuments les plus marquants de la ville. Si vous ne devez faire qu’une seule visite à Kamakura, c’est clairement celle-ci.

COMMENT S’Y RENDRE

Depuis la gare de Kamakura, prendre la ligne Enoden (江ノ電) en direction de Fujisawa et descendre à la station Hase (長谷). Le trajet dure environ 7 minutes, puis le Kōtoku-in (高徳院) se trouve à environ 7 minutes à pied.

Il est également possible de prendre un bus depuis la sortie Est de la gare de Kamakura : les bus de l'Enoden et de Keikyū desservent l'arrêt Daibutsu-mae (大仏前), situé juste devant le temple.

INFOS PRATIQUES

Rattachement : Kōtoku-in (高徳院)
Hauteur : 13,35 m
Adresse : 4-2-28 Hase, Kamakura, Kanagawa
Horaires : de 8 heures à 17 h 30 d'avril à septembre ; de 8 heures à 17 heures d'octobre à mars. Dernière entrée 15 minutes avant la fermeture. L'accès à l'intérieur de la statue est possible de 8 heures à 16 h 30, toute l'année.
Tarif adulte : 300 yens. L'accès à l'intérieur du Daibutsu coûte 50 yens supplémentaires.

Site officiel

N'hésitez pas non plus à acheter le goshuin

N'hésitez pas non plus à acheter le goshuin

Atama Daibutsu (頭大仏)

HISTOIRE

Le Atama Daibutsu (頭大仏) est une imposante statue en pierre de 13,5 mètres de haut, située au cœur du Makomanai Takino Reien (真駒内滝野霊園), un vaste cimetière situé au sud de Sapporo. Elle pèse environ 1 500 tonnes, les blocs de pierre utilisés pour sa réalisation représentant à l'origine près de 4 000 tonnes avant leur sélection et leur taille.

La particularité de la statue est cependant moins sa taille que son environnement. Le projet du Atama Daibutsu-den (頭大仏殿) est confié à l'architecte Andō Tadao (安藤忠雄), qui imagine un dispositif permettant de dissimuler presque entièrement le Bouddha sous une colline artificielle couverte de lavande. Seule sa tête dépasse de la colline, donnant naissance au nom de "Atama Daibutsu", littéralement "Grand Bouddha-tête".

L'espace conçu par Andō est ouvert en 2016. Pour atteindre la statue, le visiteur emprunte d'abord une allée de 135 mètres, puis contourne un bassin avant de pénétrer dans un tunnel de 40 mètres plongé dans la pénombre. Ce parcours volontairement indirect s'inspire notamment de l'impression ressentie par l'architecte devant des statues bouddhiques découvertes au fond de grottes en Inde et en Chine. Le Bouddha n'apparaît réellement qu'au terme de ce cheminement.

L'ensemble a ainsi été conçu comme une véritable expérience architecturale et spirituelle, dans laquelle la lumière naturelle, le ciel, la pluie, le vent ou encore la neige participent à la découverte de la statue.

VISITE

Lors de ma visite du Makomanai Takino Reien en 2025, j’ai découvert un lieu pour le moins surprenant. Ce vaste cimetière est tellement atypique qu’il mérite de prendre le temps de l’explorer au-delà du seul Atama Daibutsu.

Le Daibutsu est évidemment l’attraction principale. J’ai particulièrement apprécié la manière dont il se dévoile progressivement : après avoir traversé le tunnel, la tête apparaît peu à peu au bout du passage. En hiver, lorsque je l’ai découvert, la neige renforçait encore cette atmosphère presque irréelle. En été, la colline se couvre de lavande et doit offrir un tout autre spectacle.

Mais le cimetière réserve d’autres surprises. Les statues de Moaï, les références à Stonehenge et les nombreuses statues de divinités bouddhiques donnent au lieu une ambiance vraiment particulière. J’ai également pris le temps de me promener entre les tombes, alors recouvertes de neige. Une expérience assez étonnante, avec l’impression que le cimetière était comme mis en pause par l’hiver.

Avec ses Moaï, son Bouddha caché et ses étonnantes références venues d’ailleurs, le Makomanai Takino Reien est finalement bien plus qu’un simple lieu de sépulture. C’est un endroit surprenant, atypique, et je n’ai vraiment pas regretté de m’être éloigné du centre de Sapporo pour le découvrir.

COMMENT S’Y RENDRE

Depuis la gare de Makomanai (真駒内), prendre le bus local numéro 108 au départ du quai 2. Il dessert directement le Makomanai Takino Reien. Le trajet et les horaires varient selon la saison. Le tarif indiqué actuellement par le site officiel est de 500 yens.

Il est également possible de venir en voiture, avec un parking situé à proximité du Atama Daibutsu-den.

INFOS PRATIQUES

Rattachement : Makomanai Takino Reien (真駒内滝野霊園)
Hauteur : 13,5 m
Adresse : 2 Takino, Minami-ku, Sapporo, Hokkaidō 005-0862
Horaires : de 9 heures à 16 heures d’avril à octobre ; de 10 heures à 15 heures de novembre à mars. Fermé certains jours pour maintenance, en cas de mauvaises conditions météorologiques ou à certaines dates particulières.
Tarif adulte : 1 000 yens depuis le 1er avril 2026 ; gratuit pour les enfants de moins de 12 ans.

Site officiel

On ressent la puissance du lieu dès le tunnel menant au Daibutsu

On ressent la puissance du lieu dès le tunnel menant au Daibutsu

Tōdai-ji Daibutsu (東大寺大仏)

HISTOIRE

Le Tōdai-ji Daibutsu (東大寺大仏) est le principal Bouddha du Daibutsuden (大仏殿), au Tōdai-ji (東大寺), à Nara. Il représente Rushana-butsu (盧舎那仏), également appelé Birushana-butsu (毘盧遮那仏), le Bouddha de la lumière et de la sagesse universelles. La statue et le Daibutsuden sont tous deux classés Trésors nationaux.

La construction du grand Bouddha commence en 745, sous le règne de l'empereur Shōmu (聖武天皇). Son corps est coulé entre 747 et 749, après plusieurs années de travaux et huit coulées successives. La cérémonie d'ouverture des yeux, le Daibutsu Kaigen Kuyō-e (大仏開眼供養会), a lieu le 9 avril 752.

Le bâtiment qui l'abrite connaît ensuite plusieurs destructions. Le Daibutsuden est notamment incendié en 1180, puis de nouveau détruit en 1567. L'édifice actuel est reconstruit durant l'époque d'Edo (江戸時代), sous la direction du moine Kōkei (公慶). Bien que plus petit que les bâtiments originels, il demeure l'une des plus grandes constructions en bois du monde.

Le Daibutsu actuel est lui-même le résultat de plusieurs restaurations et reconstructions au fil des siècles. Il conserve néanmoins une grande partie de la statue originale de l'époque de Nara (奈良時代).

VISITE

J’ai enfin visité le Tōdai-ji en 2026. Lors de notre séjour de 2017, nous avions dû, avec mon neveu, rebrousser chemin. En effet, un typhon avait fait des siennes la veille et une pluie drue était au rendez-vous… Bref…

J’ai vraiment apprécié cette visite, mais pas uniquement pour le Daibutsu.

Avant même d'atteindre le bâtiment principal du Tōdai-ji, le passage sous la monumentale porte en bois du XIIIe siècle, la Nandai-mon (Grande Porte Sud), est une étape incontournable qui abrite les spectaculaires Kongō Rikishi (Niō). Ces deux statues de gardiens géants en bois, mesurant plus de 8,4 mètres de haut, ont été sculptées par le célèbre maître Unkei et son école ; elles affichent un réalisme saisissant avec leurs muscles bandés et leurs visages féroces destinés à repousser les forces du mal. Ensemble, elles symbolisent le cycle de la vie à travers le concept de l'alpha et de l'oméga : la statue de gauche (Agyo) est représentée la bouche ouverte pour prononcer le son "ah" (le commencement et la naissance), tandis que celle de droite (Ungyo) garde la bouche fermée pour prononcer le son "un" (la fin et la fermeture).

Le Daibutsu est évidemment le point d’orgue de la visite, mais le Daibutsuden ne se résume pas à son gigantesque Bouddha. De part et d’autre du Rushana-butsu (盧舎那仏) se dressent deux imposants bodhisattvas en bois doré, le Nyoirin Kannon (如意輪観音) et le Kokūzō Bosatsu (虚空蔵菩薩), qui mesurent chacun environ 7 mètres de haut. À l’arrière du pavillon, on découvre également les deux Shitennō (四天王) conservés sous forme de statues complètes, Kōmokuten (広目天) et Tamonten (多聞天), tandis que les têtes des deux autres, Jikokuten (持国天) et Zōchōten (増長天), sont exposées à proximité.

Vous y trouverez également une remarquable lanterne octogonale (八角灯籠, hakkaku tōrō) datant de l’époque de Nara. Elle fait partie des rares éléments du Tōdai-ji à avoir survécu aux incendies qui ont détruit le temple au fil des siècles et elle est aujourd’hui classée Trésor national. Ses huit faces sont décorées de reliefs : quatre représentent des bodhisattvas musiciens (音声菩薩, onjō bosatsu), tandis que les quatre autres, constituées de panneaux mobiles, montrent des lions courant au milieu des nuages. La finesse des représentations des musiciens, avec leurs instruments, leurs vêtements flottant au vent et leurs corps en mouvement, est particulièrement remarquable. Un extrait d'un texte bouddhique est également gravé sur le fût de la lanterne.

Si vous avez déjà vu des vidéos ou des photos, vous le savez, vous n’échapperez pas aux touristes : Nara en est gorgée et ils viennent tous pour la même chose : voir le Grand Bouddha et gaver les cerfs de biscuits… Enfin, presque tous… J’ai deux conseils : ne vous arrêtez pas au Grand Bouddha, le Tōdai-ji regorge de trésors architecturaux, comme le Nigatsu-dō (二月堂), le Hokke-dō (法華堂), le Nandai-mon (南大門) ou encore le Shigatsu-dō (四月堂, hélas fermé pour travaux). Et allez un peu plus loin dans le parc pour visiter le Kasuga-taisha (春日大社), un sanctuaire shintoïste fondé en 768 et inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO avec les monuments historiques de l’ancienne Nara. Le chemin qui y mène à travers le parc est déjà une visite en soi, avec ses centaines de lanternes en pierre et ses cerfs qui se promènent librement. Le sanctuaire lui-même est remarquable avec ses bâtiments aux piliers vermillon et ses nombreuses lanternes de bronze.

Et, franchement, si vous le pouvez, laissez les cerfs tranquilles et ne leur donnez pas à manger. C’est instagrammable, mais vous ne leur rendez pas service. Moi, ils m'ont vraiment fait pitié... Contentez-vous de les prendre en photo.

COMMENT S’Y RENDRE

Depuis la gare de Kintetsu Nara (近鉄奈良駅), le Tōdai-ji se rejoint en environ 20 minutes à pied.

Depuis la gare JR de Nara (奈良駅), compter environ 30 minutes à pied. Il est également possible de prendre un bus jusqu'à l'arrêt Tōdai-ji Daibutsuden / Kasuga-taisha-mae (東大寺大仏殿・春日大社前), puis de marcher quelques minutes jusqu'au Daibutsuden.

Le Tōdai-ji ne possède pas de parking pour les voitures particulières.

INFOS PRATIQUES

Rattachement : Tōdai-ji (東大寺)
Hauteur : 18,03 m
Adresse : 406-1 Zōshichō, Nara, Nara 630-8587
Horaires : de 7 h 30 à 17 h 30 d'avril à octobre ; de 8 heures à 17 heures de novembre à mars.
Tarif adulte : 800 yens

Site officiel

Si j'ai aimé le Daibutsu, les autres statues méritent également le coup d'œil

Si j'ai aimé le Daibutsu, les autres statues méritent également le coup d'œil

Tōkyō Daibutsu (東京大仏)

HISTOIRE

Le Tōkyō Daibutsu (東京大仏) se trouve dans l'enceinte du Jōren-ji (乗蓮寺), un temple de l'école Jōdo-shū (浄土宗) situé dans le quartier d'Akatsuka, à Itabashi.

Le temple possède une histoire de plusieurs siècles. Il est fondé durant l'époque de Muromachi (室町時代), au cours de l'ère Ōei (応永, 1394-1428). À l'origine installé dans le secteur de l'actuel Itabashi-juku, il est transféré à Akatsuka en 1971. Les Tokugawa lui accordent également un territoire bénéficiant d'un sceau rouge de 10 koku, puis le temple devient notamment un lieu de repos lors des parties de chasse au faucon du shōgun Yoshimune.

Le Tōkyō Daibutsu est beaucoup plus récent. Il est réalisé à l'initiative de Wakabayashi Ryūdō (若林隆道), 24e supérieur du temple, et inauguré le 11 avril 1977. Le projet est directement lié au souvenir des grandes catastrophes qui ont marqué Tokyo : le séisme du Kantō de 1923 et les bombardements de Tokyo, notamment celui du 10 mars 1945. La statue doit rendre hommage aux victimes et exprimer le souhait que de tels désastres naturels et conflits ne se reproduisent pas.

Le Tōkyō Daibutsu représente Amida Nyorai (阿弥陀如来). Cette statue en bronze mesure 13 mètres depuis son socle et pèse environ 32 tonnes. Lors de son achèvement, elle est présentée comme le troisième plus grand Bouddha en bronze du Japon, derrière ceux de Nara et de Kamakura.

VISITE

J’ai visité le Jōren-ji et son Daibutsu en 2023. J’avais hâte de découvrir ce Bouddha : je connaissais déjà celui de Kamakura, que j’avais visité à deux reprises, mais ce grand Bouddha de bronze noir, haut de 13 mètres, m’intriguait depuis plusieurs années. J’avais découvert son existence en préparant mon voyage, finalement annulé, de 2020, et j’attendais depuis de pouvoir enfin le voir de mes propres yeux.

Je n’ai pas été déçu, d’autant que les cerisiers en fleurs ajoutaient une jolie touche au site. Le Tōkyō Daibutsu est évidemment le point fort de la visite, mais le Jōren-ji mérite que l’on prenne le temps de parcourir son enceinte.

J’ai notamment apprécié l’atmosphère paisible du temple et ses différents éléments, parmi lesquels la pagode Hōtō (宝塔), les statues des Sept Divinités du Bonheur (七福神), ainsi que les différents monuments et espaces présents dans l’enceinte. On y trouve également la tombe de l’explorateur Uemura Naomi (植村直己).

Le site est finalement assez éloigné des secteurs les plus touristiques de Tōkyō, et c’est justement ce qui fait son intérêt. Le Tōkyō Daibutsu constitue une belle découverte pour qui souhaite sortir des grands classiques de la capitale.

COMMENT S’Y RENDRE

Depuis la gare de Narimasu (成増) de la ligne Tōbu Tōjō, prendre à la sortie nord un bus de la compagnie Kokusai Kōgyō en direction d'Akabane-eki-nishi-guchi. Descendre à l'arrêt Akatsuka Hatchōme / Tōkyō Daibutsu-mae (赤塚八丁目・東京大仏前), puis compter environ 5 minutes à pied.

Il est également possible de rejoindre le temple à pied depuis la gare de Shimo-Akatsuka (下赤塚), en environ 20 minutes, ou depuis la station Chikatetsu Narimasu (地下鉄成増), en environ 25 minutes.

INFOS PRATIQUES

Rattachement : Jōren-ji (乗蓮寺)
Hauteur : 13 m
Adresse : 5-28-3 Akatsuka, Itabashi-ku, Tokyo 175-0092
Horaires : de 9 heures à 15 h 45, dernière entrée à 15 h 45. Fermeture complète à 16 heures. Les horaires peuvent être modifiés lors des fêtes et événements.
Tarif adulte : gratuit

L'un de mes meilleurs souvenirs de 2023, avec celui d'Ushiku

L'un de mes meilleurs souvenirs de 2023, avec celui d'Ushiku

Ueno Daibutsu (上野大仏)

HISTOIRE

Le Ueno Daibutsu (上野大仏) est un cas assez particulier : il ne reste aujourd'hui de ce grand Bouddha que le visage. Installé sur une colline du parc d'Ueno, à Tōkyō, il représente un Shaka Nyorai (釈迦如来) assis.

L'histoire commence en 1631, lorsque le seigneur du domaine de Murakami, Hori Naoyori (堀直寄), fait ériger une statue en argile et plâtre pour rendre hommage aux victimes des guerres. Cette première statue, haute d'environ 2,8 mètres, est détruite par un séisme en 1647. Entre 1655 et 1660, une nouvelle statue en bronze est réalisée. Elle mesure alors plus de 3,6 mètres, selon les sources, et devient progressivement un monument apprécié des habitants d'Edo.

Un bâtiment est ensuite construit pour protéger le Daibutsu, en 1698. La statue connaît encore plusieurs restaurations après des incendies et des séismes. Mais le coup le plus important survient en 1923, lors du grand séisme du Kantō : la tête se détache du corps. Le reste de la statue est finalement démonté, puis le bronze du corps est réquisitionné pendant la Seconde Guerre mondiale. Seul le visage échappe à la fonte.

En 1972, le visage est finalement ramené sur la colline où se trouvait autrefois le Daibutsu. Une pagode (パゴダ, pagoda) est également construite à l'emplacement de l'ancien bâtiment. Elle abrite aujourd'hui le Yakushi Nyorai (薬師如来) accompagné de Nikkō Bosatsu (日光菩薩) et Gakkō Bosatsu (月光菩薩), les trois statues provenant de l'ancien Yakushi-dō de l'Ueno Tōshō-gū (上野東照宮).

Cette histoire mouvementée vaut au Ueno Daibutsu son surnom de "Daibutsu qui ne peut plus tomber", qui en a fait un lieu populaire pour les étudiants venant prier pour réussir leurs examens. Après avoir perdu son corps, le Bouddha ne peut effectivement plus tomber !

VISITE

Pour commencer, le parc d'Ueno (上野公園) est, pour moi, un incontournable de tout séjour dans la capitale japonaise. Ce lieu fourmille de temples et de sanctuaires, mais également de musées. De plus, selon les jours, on peut y croiser des danseurs ou des artistes, des brocantes… C'est vraiment un beau lieu de vie. Sur mes quatre séjours au Japon, j'y suis allé à chaque fois, c'est dire…

En ce qui concerne le Daibutsu, le site s'avère assez étonnant : après avoir gravi les quelques marches menant à la colline, on découvre ce qu'il reste de la statue, son visage. À côté se trouve une pagode (パゴダ) construite en 1966 sur l'ancien emplacement du Daibutsuden. Elle abrite un Yakushi Nyorai (薬師如来) accompagné de Nikkō Bosatsu (日光菩薩) et Gakkō Bosatsu (月光菩薩).

Il est difficile de ne pas avoir un petit moment de surprise en découvrant ce Bouddha réduit à son seul visage. Pourtant, ce vestige raconte à lui seul une bonne partie de l'histoire mouvementée du lieu. Le Ueno Daibutsu a été détruit ou endommagé à plusieurs reprises par les séismes et les incendies, avant que son corps ne soit finalement réquisitionné pendant la Seconde Guerre mondiale. Le visage est ainsi le dernier élément conservé de la statue originale.

Le site dépend du Kan'ei-ji (寛永寺), l'un des grands temples de Tōkyō. Fondé en 1625 par le moine Tenkai (天海) à la demande du shogunat Tokugawa, le temple est établi sur les hauteurs d'Ueno afin de protéger Edo contre le "kimon", la direction nord-est considérée comme néfaste. Tenkai conçoit d'ailleurs le complexe sur le modèle du mont Hiei et de l'Enryaku-ji (延暦寺), le grand centre du bouddhisme Tendai (天台宗) à Kyōto. Le Kan'ei-ji devient progressivement un immense complexe religieux et, à l'époque d'Edo, compte plusieurs dizaines de temples et de bâtiments. Il devient également le temple funéraire de la famille Tokugawa.

Cette prospérité disparaît brutalement en 1868, lorsque la bataille d'Ueno transforme le Kan'ei-ji en champ de bataille. Une grande partie des bâtiments est détruite et l'ancien domaine du temple devient progressivement le parc d'Ueno. Quelques témoins de cette époque subsistent toutefois dans le parc, notamment le Kiyomizu Kannon-dō (清水観音堂) et la pagode à cinq étages (五重塔, Gojū-no-tō), tandis que le Kan'ei-ji poursuit son histoire avec un domaine considérablement réduit.

L'endroit est assez rapide à visiter, mais il mérite vraiment le détour si vous vous promenez dans le parc d'Ueno. Et l'histoire du Ueno Daibutsu est finalement presque plus impressionnante que ce qu'il en reste aujourd'hui : ce visage est le dernier vestige d'une statue qui a connu séismes, incendies, reconstructions, guerre et réquisition de son bronze. Aujourd'hui, il est d'ailleurs surnommé "Daibutsu porte-bonheur" (合格大仏, Gōkaku Daibutsu), notamment parce qu'après avoir "perdu" successivement son corps et une partie de son histoire, il ne peut plus tomber. Le site est ainsi devenu un lieu particulièrement fréquenté par les étudiants qui viennent prier pour la réussite de leurs examens.

COMMENT S’Y RENDRE

Depuis la gare de Ueno (上野駅), compter quelques minutes à pied. Depuis la gare de Keisei-Ueno (京成上野駅), le trajet est d'environ 6 minutes.

INFOS PRATIQUES

Rattachement : Kan'ei-ji (寛永寺)
Hauteur : pas de donnée, seul le visage est conservé aujourd'hui
Adresse : Ueno Park, Taitō-ku, Tōkyō 110-0007
Horaires : de 10 heures à 16 heures
Tarif adulte : gratuit

Site officiel

Oui, ce n'est qu'une tête, mais quelle histoire !

Oui, ce n'est qu'une tête, mais quelle histoire !

Hotei no Daibutsu (布袋の大仏)

HISTOIRE

Le Hotei no Daibutsu (布袋の大仏), situé à Kōnan, dans la préfecture d'Aichi, est un Daibutsu pour le moins surprenant. Cette imposante statue en béton armé représente un Yakushi Nyorai (薬師如来) assis et mesure environ 18 mètres de haut, soit près de 3 mètres de plus que le Daibutsu du Tōdai-ji. Elle est aujourd'hui considérée comme l'un des plus grands Daibutsu construits à titre privé au Japon.

Son histoire commence en 1949, lorsque Maeda Hidenobu (前田秀信), un praticien de médecine traditionnelle chinoise originaire de la région et installé à Nagoya, décide de faire construire une immense statue après avoir reçu, selon son témoignage, une révélation en rêve. Il était particulièrement dévot envers le Ontake Yakushi-son (御嶽薬師尊), une forme de Yakushi Nyorai associée au culte du mont Ontake.

La construction est réalisée presque entièrement à la main et s'étale sur cinq années. Le Daibutsu est finalement achevé en 1954, année durant laquelle a lieu la cérémonie d'ouverture des yeux. La statue est installée directement sur la propriété de Maeda Hidenobu et son socle est intégré à un bâtiment qui abrite notamment une ancienne clinique. Cette implantation très particulière explique son aspect inhabituel : le Daibutsu semble littéralement surgir au milieu d'un quartier résidentiel.

Le Daibutsu est aujourd'hui surtout connu sous le nom de Hotei no Daibutsu, en référence au quartier de Hotei, mais son nom religieux est Ontake Yakushi-son. Il ne faut donc pas le confondre avec Hotei (布袋), le moine chinois devenu l'une des Sept Divinités du Bonheur : malgré son nom, le grand Bouddha de Kōnan représente bien Yakushi Nyorai.

VISITE

J’ai découvert les différents Daibutsu d’Aichi grâce à une vidéo de La Balade du Sakura, un auteur que je ne peux que vous conseiller de suivre. Sur les six Daibutsu retenus dans la sélection touristique consacrée à la préfecture d’Aichi, cinq se trouvent dans la ville de Nagoya ou dans sa proche banlieue. Il est donc tout à fait possible de les découvrir au cours d’une seule journée, à condition de bien organiser son itinéraire.

J'ai terminé ladite journée avec ce Bouddha, mais il est suffisamment pittoresque pour précéder les autres. Le Hotei no Daibutsu est vraiment un Daibutsu à part. Il suffit de quitter la gare de Hotei et de marcher quelques minutes dans les rues de la ville de Kōnan pour voir apparaître progressivement cette immense silhouette au-dessus des maisons.

La première impression est assez déroutante : il se trouve au cœur d'un quartier résidentiel et semble presque surgir des habitations. Son architecture très particulière, avec le bâtiment directement intégré à l'arrière de la statue, renforce encore cette impression.

Le Daibutsu est évidemment le point fort de la visite. Avec ses 18 mètres, il est aussi grand que le Rushana-butsu (盧舎那仏) du Tōdai-ji. Et son visage, assez particulier, comparé aux autres Daibutsu, donne au lieu une personnalité assez unique. Il faut également prendre le temps de regarder la statue depuis les rues environnantes. 

Le site est également devenu célèbre pour une particularité assez amusante. Depuis un point précis près du passage à niveau voisin, les feux de signalisation semblent se superposer aux yeux du Daibutsu, donnant l'impression qu'il porte des lunettes de soleil. Cette curieuse perspective lui vaut le surnom de "Daibutsu aux lunettes de soleil". C'est assez kitsch, mais cela fait désormais partie de l'identité du lieu. D'ailleurs, j'ai eu un peu de mal à trouver le bon angle, refusant d'empiéter sur l'espace des tombes situées dans ladite perspective...

La visite est finalement très rapide, puisque le Daibutsu se découvre depuis l'extérieur. Il ne s'agit pas d'un temple monumental, mais plutôt d'une curiosité bouddhique étonnante, qui mérite largement le détour si l'on se trouve dans le secteur de Kōnan.

COMMENT S'Y RENDRE

Depuis Meitetsu Nagoya (名鉄名古屋駅), prendre la ligne Meitetsu Inuyama (名鉄犬山線) en direction de Kōwa (河和) ou de Chūbu Kūkō (中部空港) et descendre à Hotei (布袋駅). Certains trains sont directs et le trajet dure environ 20 minutes. Le tarif est actuellement de 460 yens.

Depuis la gare de Hotei (布袋駅), sur la ligne Meitetsu Inuyama, le Hotei no Daibutsu se rejoint en environ 12 minutes à pied.

INFOS PRATIQUES

Rattachement : propriété privée
Hauteur : environ 18 m
Adresse : 132 Kiga-chō Daimon, Kōnan, Aichi 483-8233
Horaires : visible depuis l'espace public, sans horaires de visite
Tarif adulte : gratuit

Site officiel

J'ai un peu raté mes photos, mais c'est un lieu atypique

J'ai un peu raté mes photos, mais c'est un lieu atypique

Jūraku-en Daibutsu (聚楽園大仏)

HISTOIRE

Le Jūraku-en Daibutsu se dresse à Tōkai, dans la préfecture d'Aichi, au sein du Jūraku-en Kōen (聚楽園公園). Avec ses 18,79 mètres, il est légèrement plus grand que le Daibutsu du Tōdai-ji si l'on compare la hauteur des statues. Il représente un Amida Nyorai (阿弥陀如来) assis et constitue aujourd'hui l'un des symboles de la ville de Tōkai.

Sa construction est décidée par Yamada Saikichi (山田才吉), un homme d'affaires de Nagoya qui possède alors le complexe de loisirs et l'auberge Jūraku-en. Le projet débute en 1924, avec l'objectif de commémorer le mariage du futur empereur Shōwa. Le Daibutsu est achevé trois ans plus tard et la cérémonie d'ouverture des yeux a lieu le 21 mai 1927.

Particularité remarquable, le Jūraku-en Daibutsu est construit en béton armé. Il est considéré comme le premier grand Daibutsu japonais réalisé avec cette technique et était, au moment de son achèvement, le plus grand Daibutsu en béton armé du Japon. Sa réalisation constitue un exemple important de l'utilisation du béton armé pour produire des sculptures monumentales.

Le modèle choisi est le Kamakura Daibutsu (鎌倉大仏), dont il reprend notamment la représentation d'Amida Nyorai. La statue possède un socle de 2,58 mètres de haut et 23,63 mètres de diamètre. Elle compte également pas moins de 830 mèches de cheveux sculptées, chacune mesurant environ 44 centimètres de diamètre.

Après la disparition de son fondateur, le site change de propriétaire avant de passer sous la responsabilité du Daibutsu-ji (大仏寺) en 1983. Une importante campagne de restauration est menée en 1984, notamment avec l'application de poudre de cuivre sur la surface de la statue. Une nouvelle cérémonie est organisée l'année suivante. Le Daibutsu et son enceinte sont aujourd'hui classés comme biens culturels de la ville de Tōkai.

Le Daibutsu n'est d'ailleurs pas seul : deux imposants Niō (仁王) en béton armé se trouvent au sud de la statue. Eux aussi datent de 1927 et sont protégés au titre des biens culturels municipaux avec le Daibutsu.

VISITE

Le Bouddha est imposant et le site lui-même est assez particulier : le Jūraku-en Daibutsu domine le parc et peut être aperçu depuis la ligne Meitetsu. La statue est installée dans un environnement verdoyant et fait partie intégrante du vaste Jūraku-en, aujourd'hui aménagé autour du complexe Shiawase-mura, avec notamment des espaces verts, un jardin japonais et une maison de thé, mais j'avoue en avoir fait le tour assez rapidement.

La présence des deux Niō mérite également votre attention : avec leurs 5,33 mètres de hauteur, ils constituent eux aussi des sculptures monumentales et ont été réalisés avec la même technique de béton armé et de mortier que le Daibutsu.

Notez que l'accès direct au Daibutsu comporte un dénivelé important, avec des escaliers ou une pente un peu raide. Pour une personne à mobilité réduite, l'office de tourisme d'Aichi recommande de passer par le parking de Shiawase-mura, puis de rejoindre l'enceinte du Daibutsu depuis cette entrée.

COMMENT S’Y RENDRE

Depuis Meitetsu Nagoya (名鉄名古屋駅), prendre la ligne Meitetsu Tōkōnai (名鉄常滑線) en direction de Tokoname et descendre à Jūraku-en. La gare se trouve juste à côté du parc.

Depuis la gare, compter environ 5 à 10 minutes à pied selon l'accès choisi.

INFOS PRATIQUES

Rattachement : Daibutsu-ji (大仏寺)
Hauteur : 18,79 m (statue)
Adresse : 2-1 Nishihazama, Arao-chō, Tōkai, Aichi 476-0003
Horaires : Le Jūraku-en est accessible gratuitement et peut être admiré à toute heure. Le parking de Shiawase-mura est accessible de 8 h 30 à 21 h 30.
Tarif adulte : gratuit

Site officiel

Il est visible de la gare !

Il est visible de la gare !

Kita Daibutsu (北大仏)

Le Kita Daibutsu se trouve dans l'enceinte du Fūkō-ji (普光寺), un temple de l'école Sōtō situé dans l'arrondissement de Kita, à Nagoya. Ce Daibutsu représente Shaka Nyorai (釈迦如来) et se distingue immédiatement par sa couleur dorée éclatante. Il mesure 7,235 mètres de haut, avec le socle.

Contrairement à plusieurs grands Daibutsu d'Aichi, celui-ci est relativement récent : il a été construit en 2003. Sa surface entièrement dorée, à l'exception des cheveux sculptés en vert foncé, lui donne un aspect particulièrement spectaculaire. Il est suffisamment imposant pour être aperçu depuis le parc Ōsugi voisin.

Le Fūkō-ji est lui-même beaucoup plus ancien. Le temple est fondé en 1577, durant l'époque Sengoku, et appartient aujourd'hui à l'école Sōtō du bouddhisme zen. Le Kita Daibutsu n'est donc pas le monument historique du temple, mais une addition beaucoup plus récente à son enceinte.

Le Daibutsu n'est d'ailleurs pas la seule curiosité du Fūkō-ji. On y trouve notamment une Nyoirin Kannon (如意輪観音), à laquelle la tradition attribue le pouvoir d'exaucer les souhaits, ainsi que les douze Jizō du zodiaque (十二支地蔵), permettant aux visiteurs de prier devant la statue correspondant à leur signe.

VISITE

Le Kita Daibutsu n'est certes pas le plus impressionnant des Daibutsu que j'ai pu voir. Sa hauteur s'explique en partie par son socle, mais sa couleur dorée le rend immédiatement remarquable. Il reste néanmoins impressionnant, d'autant que l'étroitesse du site accentue considérablement l'impression de grandeur de la statue. J'ai été très bien accueilli lors de ma visite, mais je n'ai pas osé faire le tour du temple car il y avait du monde. Par respect pour les personnes présentes dans ce petit espace, je suis reparti assez rapidement vers ma visite suivante.

La porte du temple, ornée de statues de Niō (仁王), attire également le regard. Cette magnifique porte-clocher constitue à elle seule un élément remarquable du site. Le quartier, lui, regorge de ruelles étroites et de petites rues ayant conservé une partie de leur charme d'avant-guerre, ainsi que de nombreux temples et sanctuaires. 

COMMENT S’Y RENDRE

Prendre la ligne de métro Higashiyama (東山線) jusqu'à Sakae (栄駅). Rejoindre ensuite la gare de Sakae-chō (栄町駅) et prendre la ligne Meitetsu Seto (名鉄瀬戸線) jusqu'à Amagasaka (尼ケ坂駅). Le trajet ferroviaire prend environ 20 minutes, auxquels il faut ajouter le changement entre les deux réseaux. Depuis Amagasaka, le Fūkō-ji (普光寺) et son Kita Daibutsu (北大仏) se trouvent à environ 3 minutes à pied

INFOS PRATIQUES

Rattachement : Fūkō-ji (普光寺)
Hauteur : 7,235 m
Adresse : 3-12-8 Ōsugi, Kita-ku, Nagoya, Aichi 462-0837
Horaires : non connus
Tarif adulte : gratuit

Pas le plus impressionnant, mais cette couleur dorée claque, non ?

Pas le plus impressionnant, mais cette couleur dorée claque, non ?

Nagoya Daibutsu (名古屋大仏)

HISTOIRE

Le Nagoya Daibutsu (名古屋大仏) se trouve dans l'enceinte du Tōgan-ji (桃巌寺), un temple de l'école Sōtō situé dans l'arrondissement de Chikusa, à Nagoya. Le temple possède une histoire bien plus ancienne que le Daibutsu : il est fondé durant l'époque Sengoku par Oda Nobuyuki (織田信行), frère cadet d'Oda Nobunaga, afin de rendre hommage à leur père, Oda Nobuhide (織田信秀). Le temple doit d'ailleurs son nom posthume à ce dernier. Il est installé à son emplacement actuel depuis le début du XVIIIe siècle.

Le Daibutsu actuel est beaucoup plus récent. Réalisé en bronze par le sculpteur Osada Seizan (長田晴山), il mesure 10 mètres au niveau de la statue, auxquels s'ajoutent 5 mètres pour le socle, soit environ 15 mètres au total. Contrairement à la représentation habituelle du Bouddha assis sur un lotus, celui-ci est installé sur un ensemble de dix éléphants.

Ce qui frappe immédiatement est surtout sa couleur : le corps est recouvert d'un vert particulièrement vif, tandis que les yeux, les lèvres et les oreilles sont dorés. Le Daibutsu a été achevé en 1987, avant d'être repeint en vert en 2006, ce qui lui donne aujourd'hui cet aspect très particulier.

Le Tōgan-ji mérite d'ailleurs une visite au-delà de son Daibutsu. Le temple abrite notamment le célèbre Nemu Benzaiten (ねむり弁天), une représentation de Benzaiten endormie présentée seulement deux fois par an, ainsi qu'un immense mokugyo (木魚) d'environ un mètre de diamètre, présenté comme le plus grand du Japon. On y trouve également plusieurs autres représentations bouddhiques assez inhabituelles.

VISITE

Une véritable découverte, un peu à l’écart du tumulte de Nagoya, mais qui reste très facile d’accès en métro. Des cinq Daibutsu que j’ai découverts en 2026 à Nagoya et dans ses environs, c’est sans doute celui qui m’a le plus impressionné.

Dès l’arrivée, le contraste est saisissant. On quitte rapidement l’agitation de la ville pour pénétrer dans un temple entouré de verdure, avec notamment une petite forêt de bambous. Et surtout, il n’y avait quasiment personne. Ce calme, au milieu de cette végétation, rend la découverte encore plus agréable.

Puis on découvre le Nagoya Daibutsu. Sa couleur verte particulièrement vive, sa taille imposante et les dix éléphants grandeur nature qui composent son socle donnent vraiment une impression spectaculaire. On se prend une véritable claque en le découvrant pour la première fois.

Il est possible d'entrer dans le temple pour rejoindre le Daibutsu, mais on peut également y accéder directement. Dans les deux cas, je conseille vraiment de prendre le temps de regarder les différents éléments du site plutôt que de venir uniquement pour la statue.

J’ai particulièrement apprécié cette visite parce qu’elle réunit tout ce que j’aime dans ce genre de découverte : un lieu étonnant, une statue qui sort de l’ordinaire et, surtout, une atmosphère paisible loin des circuits touristiques habituels. Si vous passez par Nagoya, je vous recommande vraiment d’ajouter le Tōgan-ji à votre itinéraire et de prendre le temps de découvrir son histoire et son environnement.

COMMENT S'Y RENDRE

Depuis Nagoya (名古屋駅), prendre la ligne de métro Higashiyama (東山線) jusqu'à Motoyama (本山駅). Depuis la sortie 6, le Tōgan-ji et son Nagoya Daibutsu se trouvent à environ 3 minutes à pied.

C'est donc l'un des Daibutsu d'Aichi les plus faciles à intégrer dans une journée au départ de Nagoya.

INFOS PRATIQUES

Rattachement : Tōgan-ji (桃巌寺)
Hauteur : 25 m
Adresse : 2-16 Yotsuya-dōri, Chikusa-ku, Nagoya, Aichi 464-0819
Horaires : de 9 heures à 18 heures en été, de 9 heures à 17 heures en hiver
Tarif adulte : gratuit

Site officiel

L'un des plus beaux Daibutsu de 2026

L'un des plus beaux Daibutsu de 2026

Shakamuni Daibutsu (釈迦牟尼大仏)

HISTOIRE

Le Kōshō-ji (興正寺) se trouve à Yagoto, dans l'arrondissement de Shōwa à Nagoya. Il s'agit d'un temple de l'école Kōyasan Shingon-shū (高野山真言宗), fondé à la fin du XVIIe siècle par le moine Tenzui Enshō (天瑞圓照). Le temple est également connu sous le surnom de "Kōyasan d'Owari", en raison de son importance dans la région.

L'enceinte conserve plusieurs bâtiments historiques, dont une remarquable pagode à cinq étages (五重塔, Gojū-no-tō) construite en 1808. Elle est aujourd'hui classée Bien culturel important du Japon et constitue l'un des principaux symboles du Kōshō-ji.

Le Shakamuni Daibutsu (釈迦牟尼大仏), également appelé Heisei Daibutsu (平成大仏), est en revanche beaucoup plus récent. Il est réalisé en 2014, à l'occasion d'un projet visant notamment à transmettre dans le futur l'image du Bouddha vénéré par le fondateur du temple.

Le modèle de la statue provient en effet d'un rouleau représentant le Shaka Nyorai (釈迦如来) que Tenzui Enshō conservait comme modèle de sa pratique religieuse. Le temple a choisi de reproduire cette représentation sous la forme d'une imposante statue en bronze.

Le Daibutsu mesure 7,2 mètres de haut et pèse environ 6 tonnes. Il a d'abord été installé devant la pagode à cinq étages, avant d'être déplacé en novembre 2024 sur le côté est de celle-ci. Le nouvel emplacement a ensuite fait l'objet d'un réaménagement de son socle et de ses plantations.

À noter toutefois une petite subtilité : lorsque l'on parle des "trois grands Bouddhas de Nagoya", le Daibutsu du Kōshō-ji n'est pas toujours celui qui est désigné. Cette appellation fait plutôt référence au Dainichi Nyorai (大日如来) en bronze du temple, beaucoup plus ancien. Le Shakamuni Daibutsu est, lui, une création de l'époque Heisei.

VISITE

Un trésor caché dans Nagoya, éloigné du centre-ville touristique. Cette ville "mal aimée" peut pourtant proposer de jolis endroits quand on prend le temps de chercher.

La pagode est impressionnante et son emplacement m’a presque fait "oublier" le Daibutsu, que je n’avais même pas remarqué en arrivant. Il faut dire que la pagode à cinq étages (五重塔, Gojū-no-tō) attire immédiatement le regard. Et lorsque l’on découvre ensuite le Shakamuni Daibutsu (釈迦牟尼大仏), sa couleur rouge est particulièrement magnifique.

J’ai vraiment apprécié l’atmosphère du lieu. Il y avait très peu de monde et, loin de l’agitation des secteurs les plus touristiques de Nagoya, on peut prendre le temps de découvrir tranquillement l’enceinte du temple.

Ne vous arrêtez surtout pas au Bouddha : le Kōshō-ji (興正寺) fourmille de bâtiments, de petits espaces boisés et d’éléments à découvrir. La pagode n’est d’ailleurs que l’un des nombreux bâtiments remarquables du site. Le Kōshō-ji possède une vaste enceinte avec plusieurs bâtiments religieux, des espaces boisés et différents éléments historiques : la pagode, mais également le Kannon-dō (観音堂), le Nōman-dō (能満堂), le Dainichi-dō (大日堂) et les principaux bâtiments du complexe.

C’est un lieu largement oublié des touristes, alors profitez-en. Si vous aimez sortir des itinéraires classiques et découvrir un autre visage de Nagoya, le Kōshō-ji mérite vraiment le détour.

COMMENT S'Y RENDRE

Depuis la gare de Nagoya (名古屋駅), prendre la ligne Higashiyama du métro jusqu'à Sakae (栄駅), puis poursuivre avec la ligne Meijō jusqu'à Yagoto (八事駅).

Le Kōshō-ji se trouve à quelques minutes à pied de la station. Le temple est également directement desservi par le métro, ce qui en fait l'un des Daibutsu de cette sélection les plus faciles à intégrer à une journée de visites à Nagoya.

INFOS PRATIQUES

Rattachement : Kōshō-ji (興正寺)
Hauteur : 7,2 mètres
Adresse : 78 Yagoto-honmachi, Shōwa-ku, Nagoya, Aichi 466-0825
Horaires : l'enceinte du temple est accessible en journée ; le temple indique notamment des horaires de 8 heures à 17 heures pour le Nishiyama Hondō
Tarif adulte : gratuit pour l'accès à l'enceinte

Site officiel

Je conseille cette visite, c'est vraiment un lieu à découvrir

Je conseille cette visite, c'est vraiment un lieu à découvrir

Gokoku-ji Daibutsu (護国寺大仏)

HISTOIRE

Le Gokoku-ji (護国寺) est un grand temple de l’école Shingon-shū Buzan-ha (真言宗豊山派) situé dans l’arrondissement de Bunkyō, à Tōkyō. Il est fondé en 1681, à la demande de Keishō-in (桂昌院), mère du cinquième shōgun Tokugawa Tsunayoshi. Le moine Ryōken est alors invité depuis le Daishō Gokoku-ji (大聖護国寺) de la province de Kōzuke, l'actuelle préfecture de Gunma, pour devenir le fondateur du nouveau temple.

Le temple connaît rapidement un développement important sous la protection du shogunat. Son principal bâtiment, le Kannon-dō (観音堂), est reconstruit en 1697 et conserve encore aujourd'hui son aspect de l'époque d'Edo. Il constitue l'un des rares grands bâtiments religieux de Tōkyō à avoir survécu aux séismes et aux bombardements de la Seconde Guerre mondiale. Le Gokoku-ji possède également plusieurs autres bâtiments remarquables, notamment le Yakushi-dō (薬師堂), le Daishi-dō (大師堂), le Shōrō (鐘楼), la pagode Tahōtō (多宝塔) et le Gekkō-den (月光殿), ce dernier ayant été transféré depuis le Mii-dera de Ōtsu.

Mais le temple abrite également un Daibutsu assez inattendu : le Gokoku-ji Daibutsu (護国寺大仏) est un Vairocana, ou Birushana-butsu (毘盧遮那仏), représenté assis. La statue mesure environ 2,5 mètres de haut.

Son histoire est particulièrement intéressante. Le Daibutsu ne provient en effet pas du Gokoku-ji. Il se trouvait autrefois à Tsukuba, dans l'ancien complexe religieux du Chūzen-ji (中禅寺), lié au Hōji-in (護持院), l'établissement bouddhique associé au sanctuaire de Tsukubasan. Après la séparation du shintō et du bouddhisme au début de l'ère Meiji, le complexe bouddhique est démantelé et plusieurs de ses statues et objets risquent de disparaître.

En 1870, le Daibutsu, ainsi qu'un Jizō en bronze, un Kongō Rikishi et plusieurs autres objets provenant de Tsukuba, sont finalement transférés au Gokoku-ji. Les documents historiques relatifs à cette opération mentionnent explicitement le transfert du "Rushana-butsu", des Kongō Rikishi et du Jizō parmi les objets en bronze remis au temple.

Cette origine explique donc pourquoi ce petit Daibutsu, aujourd'hui installé à côté du chemin menant au bâtiment principal, possède une histoire bien plus ancienne que ne le laisse penser son environnement actuel.

VISITE

Le Gokoku-ji est déjà une belle surprise en lui-même. En plein Tōkyō, le temple conserve une atmosphère assez particulière et surtout un ensemble de bâtiments qui permettent encore de retrouver une partie du visage de l'époque d'Edo. Quand j'y suis allé à la fin de mon séjour en 2023, je ne m'attendais pas à y trouver un Daibutsu... Même si celui-ci est moins impressionnant que ceux précédemment cités... Il est installé sur le côté du chemin, après les escaliers et à proximité du Kannon-dō. Avec ses 2,5 mètres, il est évidemment très loin des dimensions des grands Daibutsu de Nara ou de Kamakura, mais c'est justement son histoire qui rend sa découverte intéressante.

Ne vous arrêtez toutefois pas au Daibutsu. Le Gokoku-ji mérite largement de prendre le temps de parcourir son enceinte. Les bâtiments eux-mêmes sont impressionnants. Le Kannon-dō (観音堂), le hall principal, a conservé son aspect de l’époque de Genroku : construit en 1697, il a traversé les tremblements de terre et les destructions de la guerre sans perdre son apparence d’origine. Le Gekkō-den (月光殿), quant à lui, est un édifice de l’époque de Momoyama provenant de l’ancien Nikkō-in (日光院), un sous-temple du Mii-dera (三井寺) à Ōtsu. Déplacé au Gokoku-ji en 1928, il est lui aussi classé bien culturel important.

La porte Niō-mon (仁王門), le clocher, le Tahō-tō (多宝塔) et les autres bâtiments complètent cet ensemble qui conserve, malgré les nombreuses transformations du quartier, une véritable atmosphère d’Edo. En parcourant l’enceinte, on réalise à quel point le Gokoku-ji est riche et qu’il mérite largement de dépasser la simple visite du Daibutsu.

COMMENT S'Y RENDRE

Le plus simple est de prendre la ligne Yūrakuchō (有楽町線) du métro de Tōkyō et de descendre à la station Gokokuji (護国寺駅). Le temple se trouve immédiatement à la sortie de la station.

Depuis Ikebukuro (池袋), il est également possible de prendre un bus Toei jusqu'à l'arrêt Gokokuji-mae (護国寺前).

INFOS PRATIQUES

Rattachement : Gokoku-ji (護国寺)
Hauteur : environ 2,5 mètres
Adresse : 5-40-1 Ōtsuka, Bunkyō-ku, Tōkyō 112-0012
Horaires : de 10 heures à 16 heures, fermeture de 12 heures à 13 heures ; des restrictions peuvent intervenir lors de cérémonies
Tarif adulte : gratuit

Site officiel

Oui, c'est bien un Daibutsu !

Oui, c'est bien un Daibutsu !

Nehan Daibutsu (涅槃大仏)

HISTOIRE

Le Butsugan-ji (佛願寺) de Sapporo est aujourd'hui indissociable de son immense Nehan Daibutsu (涅槃大仏), mais la statue n'a pas été créée pour le temple. Son histoire commence à plus de 200 kilomètres de là, dans le sud d'Hokkaidō.

Le Bouddha couché est réalisé à la fin des années 1980 comme monument du complexe touristique Ezan Monte Rosa (恵山モンテローザ), dans l'actuelle ville de Hakodate. Le site ouvre à la fin des années 1980, alors que le Japon est encore en pleine période de bulle spéculative. Le gigantesque Bouddha doré doit alors devenir l'un des symboles de ce complexe de loisirs. Il est ouvert au public en 1990.

Mais l'aventure tourne court. Avec l'éclatement de la bulle économique japonaise, le complexe est finalement fermé en 1998. Le Nehan-zō se retrouve alors sans véritable destination et reste plusieurs années sur son emplacement d'origine.

Le Butsugan-ji s'intéresse alors à la statue. En 2003, le temple décide de l'acquérir afin de lui donner une nouvelle vocation religieuse. Le projet est particulièrement ambitieux : le Bouddha doit être démonté, transporté depuis l'ancien complexe touristique jusqu'à Sapporo, puis restauré et remonté. La statue est finalement réinstallée dans le nouveau Dai Nehan Seidō (大涅槃聖堂), où elle devient le principal symbole du site. Sa restauration et son remontage s'achèvent en 2008.

Le changement de destination est assez spectaculaire : d'ancien monument d'un complexe touristique de l'époque de la bulle, le Bouddha devient désormais une statue religieuse au cœur d'un temple bouddhique et d'un jardin de Terre pure. Le Butsugan-ji l'appelle aujourd'hui le Nehan Daibutsu, et le présente comme le plus grand Daibutsu du Japon, avec une longueur de 45 mètres.

La statue représente Shaka (釈迦), le Bouddha historique, dans la position du Nehan (涅槃), au moment de son entrée dans le nirvana. Le temple explique que les représentations du Bouddha couché peuvent être réalisées les yeux ouverts, lorsqu'il donne son dernier enseignement, ou les yeux fermés, lorsqu'il est déjà entré dans le nirvana.

Le site actuel est ensuite complété par un vaste jardin de Terre pure (浄土庭園, Jōdo teien) conçu par le paysagiste Kitayama Yasuo (北山安夫). Bassin, cascade, rochers et végétation composent un paysage conçu comme une représentation terrestre de la Terre pure. Le temple décrit notamment le jardin comme un espace reliant symboliquement le monde des vivants et celui de l'au-delà, avec le Higan-bashi (彼岸橋), le pont rouge qui relie les deux espaces.

VISITE

C'est probablement l'un des Daibutsu les plus surprenants que j'ai pu découvrir au Japon. J'y suis allé en 2025 avec mon neveu, au retour de notre visite du cimetière de Makomanai. La visite a été courte, vu que nous n'avons pu le voir que de l'extérieur. Avec ses 45 mètres de longueur, le Bouddha couché est évidemment difficile à manquer, je regrette juste de ne pas avoir osé entrer dans le temple pour le contempler de face. Notez qu'une statue de Kōzen Daishi (弘善大師) se dresse également au fond du parking. Elle constitue un élément assez inhabituel du site et mérite un coup d’œil avant de repartir.

COMMENT S'Y RENDRE

Depuis le centre de Sapporo, le plus simple est de rejoindre la station Makomanai (真駒内駅), terminus de la ligne Namboku du métro. Le Butsugan-ji indique la station Makomanai comme point d'accès en transports en commun et présente sur son site les correspondances en bus depuis celle-ci.

En voiture, le temple dispose d'un parking sur place. L'adresse officielle est 6-1-24 Ishiyama Higashi, Minami-ku, Sapporo.

INFOS PRATIQUES

Rattachement : Butsugan-ji (佛願寺)
Hauteur : 45 mètres de longueur
Adresse : 6-1-24 Ishiyama Higashi, Minami-ku, Sapporo, Hokkaidō 005-0850
Horaires : de 9 heures à 17 heures du 1er avril au 15 octobre ; de 9 heures à 16 heures du 16 octobre à mars
Tarif adulte : gratuit

Site officiel

Je n'ai qu'un angle, vu que je n'ai pas osé entrer...

Je n'ai qu'un angle, vu que je n'ai pas osé entrer...

Le Japon fourmille de statues bouddhiques autres que les Daibutsu, n'hésitez pas à les visiter.

Ryōzen Kannon (霊山観音)

HISTOIRE

Le Ryōzen Kannon (霊山観音) est une immense statue de Kannon (観音), le bodhisattva de la compassion, érigée en 1955 au pied du mont Higashiyama, à Kyōto. Elle est l’œuvre du sculpteur Yamazaki Chōun (山崎朝雲), à partir d’un projet financé par Ishikawa Hirosuke (石川博資), fondateur du groupe Teisan. Le monument est conçu comme un lieu de prière pour la paix et de commémoration des victimes de la guerre du Pacifique.

La statue, réalisée en béton projeté sur une structure métallique, mesure 24 mètres de haut et pèse environ 500 tonnes. Elle représente une Kannon assise vêtue de blanc et domine aujourd’hui le quartier de Kōdai-ji. À l’intérieur du bâtiment qui lui sert de socle se trouve notamment une statue de Jūichimen Kannon (十一面観音), tandis que l’espace intérieur de la grande statue abrite plusieurs représentations bouddhiques.

VISITE

Le temple était fermé lorsque j'y suis allé en 2017, après notre visite du Kōdai-ji (高台寺). Je m'étais promis d'y retourner en 2026, mais, faute de temps, je n'ai pas pu… J'espère pouvoir enfin visiter le lieu lors d'un prochain séjour à Kyōto.

INFOS PRATIQUES

Hauteur : 24 mètres
Adresse : 526-2 Shimokawara-chō, Higashiyama-ku, Kyōto, 605-0825
Horaires : De 8 h 40 à 16 h 20, dernière entrée à 16 heures
Tarif adulte : 300 yens, avec bâton d’encens

Vue depuis le Kōdai-ji (Photo de 2017 retouchée, car de mauvaise qualité)

Vue depuis le Kōdai-ji (Photo de 2017 retouchée, car de mauvaise qualité)

Jūichimen Senju Kannon (十一面千手観音)

HISTOIRE

Bamse - CC BY-SA 3.0

La Jūichimen Senju Kannon (十一面千手観音), littéralement "Kannon aux onze visages et aux mille bras", est la divinité principale du Rengeō-in (蓮華王院), plus connu sous le nom de Sanjūsangen-dō (三十三間堂). Le temple est fondé en 1164 à la demande de l’empereur retiré Go-Shirakawa (後白河上皇), dans l’enceinte de son palais de Hōjūji-dono (法住寺殿). La construction est confiée à Taira no Kiyomori (平清盛), alors l’un des personnages les plus puissants de la cour impériale.

Le bâtiment connaît cependant une première destruction par le feu en 1249. Il est rapidement reconstruit sous le règne de l’empereur retiré Go-Saga (後嵯峨上皇), et le nouveau hall est achevé en 1266. C’est essentiellement cette reconstruction de l’époque de Kamakura qui nous est parvenue. Malgré plusieurs restaurations au fil des siècles, le bâtiment conserve ainsi une histoire de plus de 750 ans.

Le hall, long d’environ 120 mètres, abrite alors un ensemble sculpté hors du commun. Au centre se trouve le Senju Kannon assis (千手観音坐像), haut de 3,55 mètres. Cette œuvre est réalisée pendant la reconstruction du XIIIe siècle sous la direction du célèbre sculpteur Tankei (湛慶), qui dirige une équipe de sculpteurs issus notamment de son propre atelier. La statue est aujourd’hui classée Trésor national.

Mais c’est surtout l’ensemble qui rend le Sanjūsangen-dō unique. De part et d’autre du Kannon central sont alignées 1 000 statues debout de Senju Kannon, disposées sur dix rangées et cinq niveaux. Elles sont presque à taille humaine et présentent toutes la même iconographie générale : onze visages et quarante bras visibles, une représentation conventionnelle permettant de symboliser les mille bras et mille yeux attribués au Senju Kannon.

Ces mille statues ne sont pourtant pas toutes contemporaines. 124 d’entre elles remontent à la fondation du temple au XIIe siècle et ont survécu à l’incendie de 1249. Les autres ont été réalisées au XIIIe siècle lors de la reconstruction. Leur production mobilise alors plusieurs grandes écoles de sculpture bouddhique, notamment les écoles Kei (慶派), In (院派) et En (円派). Les noms des sculpteurs sont encore conservés pour environ la moitié des statues, témoignant de l’ampleur presque industrielle du chantier de reconstruction.

L'ensemble ne se limite toutefois pas aux Kannon. Le hall abrite également les Vingt-Huit Divinités protectrices (二十八部衆), chargées d’accompagner et de protéger la Jūichimen Senju Kannon, ainsi que Fūjin (風神), le dieu du Vent, et Raijin (雷神), le dieu du Tonnerre. Ces trente statues sont elles aussi classées Trésors nationaux. Les sculptures des Vingt-Huit Divinités, particulièrement expressives, comptent parmi les chefs-d’œuvre de la sculpture bouddhique de l’époque de Kamakura.

L’ensemble a fait l’objet de plusieurs campagnes de restauration. La dernière grande restauration des mille Kannon s’est achevée en 2018, après près de cinquante ans de travaux successifs. À cette occasion, les statues qui avaient été confiées aux musées pour leur conservation ont été replacées dans le hall, permettant aux 1 001 Kannon d’être à nouveau réunis. La même année, la disposition des Vingt-Huit Divinités, de Fūjin et de Raijin a également été rétablie sur la base des recherches historiques et de documents anciens. L’ensemble des mille Kannon debout est désormais classé Trésor national.

Le nom de Sanjūsangen-dō vient quant à lui de l’architecture du bâtiment : le hall compte 33 travées entre ses piliers, chiffre associé au nombre de manifestations que Kannon peut prendre selon la tradition du Sutra du Lotus. Cette immense salle constitue aujourd’hui l’un des exemples les plus impressionnants de l’architecture religieuse en bois au Japon.

VISITE

Comment ne pas parler de ce lieu ?

J’ai visité le Sanjūsangen-dō à deux reprises, en 2017 puis en 2026. C’est d’ailleurs l’un des lieux qui m’avaient le plus marqué lors de mon premier séjour à Kyōto. De l’extérieur, rien ne laisse vraiment deviner ce qui se trouve à l’intérieur. Le bâtiment est imposant, mais c’est seulement une fois les portes franchies que l’on découvre cette incroyable succession de statues.

La première chose qui frappe, c’est évidemment la Jūichimen Senju Kannon (十一面千手観音) central. Beaucoup plus grand que les 1 000 Kannon qui l’entourent, elle est assise au milieu de la salle et domine littéralement l’ensemble. La statue possède une présence assez incroyable et, lors de mes deux visites, j'ai été subjugué.

Mais le véritable spectacle se trouve peut-être justement derrière elle. De chaque côté, les 500 Kannon alignées sur plusieurs rangées donnent une impression de profondeur assez extraordinaire. Elles se ressemblent toutes au premier regard, mais en prenant le temps de les observer, on remarque leurs différences : les visages, les bijoux, les vêtements ou encore les attributs ne sont jamais exactement les mêmes. J’avais déjà ressenti cette impression lors de ma première visite en 2017 et elle était toujours là en 2026. On peut rester un long moment à parcourir les rangées et à observer les détails de ces statues. C’est une visite assez différente de celle d’un temple où l’on vient simplement admirer une statue monumentale. Il faut également prendre le temps de regarder les statues devant les Kannon. Certaines de ces sculptures ont des expressions particulièrement saisissantes et apportent beaucoup de dynamisme à l’ensemble.

Lors de ma première visite, j’avais particulièrement apprécié cette atmosphère de calme et de sérénité qui se dégage de l'immense salle. Il faut évidemment respecter le caractère religieux du lieu, d’autant que de nombreux fidèles viennent encore y prier. Les photographies sont interdites à l’intérieur, et cela oblige finalement à profiter pleinement de la visite. Et croyez moi, devant les 1 001 Kannon, il y a largement de quoi garder quelques images en tête.

À l'extérieur, le jardin mérite également quelques minutes. Il est beaucoup plus discret que le hall et pourrait facilement être négligé par quelqu'un venu uniquement voir les statues, mais il permet de prendre un peu de recul après la visite de l'intérieur. Le jardin actuel a été réaménagé pour retrouver autant que possible l'apparence historique du site. Les bâtiments ne sont pas en reste, et, cette fois-ci, vous pourrez sortir votre appareil photo.

Après deux visites, le Sanjūsangen-dō reste donc pour moi un incontournable de Kyōto.

INFOS PRATIQUES

Rattachement : Rengeō-in (蓮華王院), rattaché au Myōhō-in (妙法院), école Tendai (天台宗)
Hauteur : 3,55 mètres pour le Senju Kannon central ; environ 1,65 mètre pour les Kannon debout
Adresse : 657 Sanjūsangen-dōmawari-chō, Higashiyama-ku, Kyōto, 605-0941
Horaires : De 8 h 30 à 17 heures du 1er avril au 15 novembre ; de 9 heures à 16 heures du 16 novembre au 31 mars. Dernière entrée 30 minutes avant la fermeture. Ouvert toute l’année.
Tarif adulte : 600 yens

Site officiel

Les photos y étant interdites, j'ai du me procurer les deux que je vous présente sur Wikipedia

Certaines des 1 000 Kannon (Zairon - CC BY-SA 4.0)

Certaines des 1 000 Kannon (Zairon - CC BY-SA 4.0)

Yanaka Daikannon (谷中大観音)

HISTOIRE

Le Yanaka Daikannon (谷中大観音) se trouve dans l’enceinte du Zenshō-an (全生庵), un temple zen de l’école Rinzai fondé en 1883 par Yamaoka Tesshū (山岡鉄舟). Le temple est notamment connu pour sa relation avec ce personnage du Bakumatsu et de la restauration de Meiji, ainsi que pour la tombe du célèbre rakugoka San'yūtei Enchō (三遊亭円朝).

La grande statue de Kannon est installée dans la partie funéraire du temple, au sein de la Kannon Reien (観音霊苑). Conçue par le célèbre sculpteur Kitamura Seibō (北村西望), également auteur de la Statue de la Paix de Nagasaki, cette statue dorée est érigée en 1991 sur le toit du bâtiment de la nécropole du temple, au cœur du cimetière. Bien qu’elle soit qualifiée de "Daikannon" (大観音), c’est-à-dire de Grande Kannon, ses dimensions restent modestes face aux gigantesques statues que l’on peut trouver ailleurs au Japon, comme le Daikannon de Sendai, qui atteint près de 100 mètres.

VISITE

J'avoue ne pas toujours oser entrer dans les lieux de culte, d'autant que la statue se trouve dans le cimetière du temple. Mais elle est si impressionnante avec sa couleur dorée que je ne pouvais manquer d'aller voir. Certes, elle n'est pas grande, mais elle domine littéralement le lieu. À visiter si vous êtes dans le coin.

INFOS PRATIQUES

Rattachement : Zenshō-an (全生庵), école Rinzai, branche Kokutai-ji (臨済宗国泰寺派)
Hauteur : 6,3 m
Adresse : 5-4-7 Yanaka, Taitō-ku, Tōkyō 110-0001
Horaires : De 9 heures à 17 heures, toute l’année
Tarif adulte : Gratuit

Site officiel

À visiter, si vous allez à Taitō

À visiter, si vous allez à Taitō

Jibo Kannon (慈母観音)

HISTOIRE

Au cœur du bouddhisme japonais, Kannon (観音), l’incarnation de la compassion universelle, prend de multiples formes pour répondre aux besoins spirituels et émotionnels des fidèles. Parmi ces manifestations, les Jibo Kannon (慈母観音) et Seibo Kannon (聖母観音) occupent une place particulière. Ces deux appellations, souvent utilisées de manière interchangeable, désignent une représentation de Kannon sous les traits d’une mère bienveillante, une figure divine protectrice des femmes, des enfants et des familles.

Leur culte, profondément ancré dans la tradition japonaise, illustre l’adaptation du bouddhisme aux préoccupations quotidiennes des fidèles, notamment la maternité, la fertilité et la sécurité des enfants.

VISITE

Lors de mon séjour 2026, j'ai réussi à rater un embranchement lors de ma montée nocturne du Fushimi Inari Taisha (伏見稲荷大社), on ne se refait pas… Je me suis donc éloigné du parcours initial et je suis tombé sur cette représentation de Kannon. Une statue dorée particulièrement reconnaissable, il est vrai. Elle est installée aux abords du Kihōkyō Sōshin'en (鬼法教総神苑), un site religieux indépendant du célèbre sanctuaire shinto. Sa proximité avec Fushimi Inari en fait donc une curiosité facile à remarquer en parcourant les rues et les petits lieux de culte qui entourent le sanctuaire.

INFOS PRATIQUES

Rattachement : Kihōkyō Sōshin'en (鬼法教総神苑), également appelé Kihō Niji (鬼法尼寺)
Hauteur : Non documentée
Adresse : 7-1 Fukakusa Kaiduchō, Fushimi-ku, Kyōto, 612-0805
Horaires : Aucun
Tarif adulte : Gratuit

Je vais les chercher maintenant...

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SOURCES

ja.wikipedia.org pour la liste originale, daibutu.netkotoku-in.jpkanpai.frekaze.jptodaiji.or.jp/frkonan-kankou.jpshurakuen.orgaichinow.pref.aichi.jpkoushoji.or.jpgokokuji.or.jpbutsuganji.jpzenshoan.com, htsanjusangendo.jp

PHOTO DE COUVERTURE

Tōkyō Daibutsu (東京大仏) © Le Japon et moi - 2026

HORS MENTION CONTRAIRE, LES PHOTOS DE CET ARTICLE ONT ÉTÉ PRISES PAR DOMINIQUE POUR LE JAPON ET MOI

Les Daibutsu du Japon : à la rencontre des géants bouddhiques
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