Selon l'édition 2026 du Classement mondial de la liberté de la presse publié par l'organisation non gouvernementale Reporters sans frontières (RSF), le Japon occupe la 62e place sur 180 pays et territoires évalués. Bien que le pays gagne quatre rangs par rapport à l'année précédente, il demeure l'un des États les moins bien classés du G7, ne devançant que les États-Unis, classés 64e.
RSF évalue chaque année la liberté de la presse à travers plusieurs critères, notamment le contexte politique, le cadre législatif, la situation sociale ainsi que la sécurité des journalistes. Plus le score attribué est élevé, plus la liberté de la presse est considérée comme garantie. En 2026, le Japon obtient 62,9 points, un résultat qui le place dans la catégorie des pays où la situation est jugée "problématique".
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L'organisation critique plusieurs aspects du paysage médiatique japonais. Elle estime notamment que la loi sur la protection des secrets d'État, entrée en vigueur en 2014, continue d'exercer un effet dissuasif sur le travail des journalistes. RSF dénonce également l'absence de mécanismes suffisants pour protéger les sources, ainsi qu'un phénomène d'autocensure largement répandu au sein des médias japonais.
Parmi les autres points soulevés par RSF figurent les interventions du gouvernement dans le traitement de l'information, les restrictions imposées à certains journalistes lors des conférences de presse officielles, ainsi que les inégalités persistantes entre hommes et femmes dans les médias.
L'organisation pointe également du doigt le fonctionnement très fermé des clubs de presse japonais, les kisha kurabu (記者クラブ), souvent critiqués pour leur manque d'ouverture envers les médias indépendants ou étrangers.
La situation contraste fortement avec celle du début des années 2000. Lors de la création du classement en 2002, le Japon occupait la 28e place. Son meilleur résultat est atteint en 2010 avec une remarquable 12e position. Cependant, à partir de 2013, sous le second gouvernement d'Abe Shinzō (安倍晋三), le pays connaît une nette dégradation de son classement. Depuis douze ans, il oscille ainsi entre la 60e et la 70e place sans parvenir à retrouver son niveau antérieur.
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Pour la dixième année consécutive, la Norvège conserve la première place du classement mondial. À l'inverse, les États-Unis se retrouvent derniers parmi les pays du G7. RSF estime que la situation américaine s'est encore détériorée depuis le retour de Donald Trump à la présidence en 2025, évoquant des restrictions imposées à certains médias et des procédures judiciaires visant des organes de presse.
Plus largement, l'organisation constate une dégradation globale de la liberté de la presse. Plus de la moitié des pays étudiés se situent désormais dans les catégories "difficile" ou "très grave". La moyenne mondiale atteint même son niveau le plus faible depuis la création de l'enquête. RSF souligne notamment le renforcement des législations liées à la sécurité nationale et la réduction progressive de l'accès à l'information, y compris dans plusieurs démocraties.