Les relations diplomatiques entre Tokyo et Pékin connaissent un nouveau coup de froid, et les répercussions sur l'industrie du voyage sont immédiates.
Depuis les déclarations de la Première ministre Takaichi Sanae (高市 早苗) en novembre dernier concernant une éventuelle réponse du Japon face à une crise à Taïwan, les flux de voyageurs s'effondrent. Selon les professionnels du secteur basés à Shanghai, le nombre de touristes japonais en Chine enregistre une chute brutale de 90 %.
Ce désintérêt massif n'est pas uniquement lié à un climat de méfiance. Le secteur subit ce que les officiels appellent un "triple coup dur" : une hausse des surcharges carburant liée aux conflits au Moyen-Orient, une réduction drastique du nombre de vols et, par conséquent, une raréfaction des sièges disponibles. Cette situation inverse la tendance positive de l'année dernière, où le nombre de voyageurs chinois au Japon retrouvait enfin la moitié de son niveau pré-pandémique de 2019.
Des conséquences concrètes sur le terrain
Sur place, l'impact est particulièrement visible dans les grandes destinations historiques. Dans la province du Shaanxi, célèbre pour son armée de terre cuite, les guides japonophones se retrouvent sans activité. Certains professionnels, ayant plus de trente ans de carrière, affirment n'avoir accompagné aucun groupe japonais depuis le début de l'année.
L'annulation des voyages scolaires japonais, comme ceux prévus pour avril, aggrave encore la situation. Au-delà des pertes financières immédiates, les experts s'inquiètent pour l'avenir de la profession. Avec le départ des guides expérimentés depuis la crise sanitaire et l'absence de nouveaux flux, la formation de la relève devient impossible. À terme, c'est toute la capacité d'accueil des circuits organisés en langue japonaise qui est menacée de disparition.
Le rétablissement du tourisme de masse entre les deux puissances asiatiques semble désormais suspendu à une amélioration durable des relations bilatérales et à une reprise stable des liaisons aériennes.