Le Nijō-jō (二条城), joyau classé au patrimoine mondial de l'Unesco au cœur de Kyōto (京都), va bientôt coûter deux fois plus cher à visiter pour les touristes que pour les habitants de la ville. Une annonce qui s'inscrit dans le débat plus large sur le tourisme de masse dans l'ancienne capitale impériale.
Le maire de Kyōto, Matsui Kōji (松井孝治) a présenté jeudi 1er octobre, lors de la séance plénière de l'assemblée municipale, un projet de tarification différenciée pour le château de Nijō et son palais Ninomaru-goten (二の丸御殿) :
Il ne s'agit d'un véritable basculement vers un double tarif fondé sur le lieu de résidence — une approche encore rare au Japon pour les monuments publics, mais qui vise à s'étendre. Depuis mars 2026, le château de Himeji (姫路城), autre site Unesco, fait payer 2 500 yens aux non-résidents contre 1 000 yens aux habitants de la ville. De son côté, le temple Nanzō-in (南蔵院) à Sasaguri (préfecture de Fukuoka, 福岡県) demande depuis mai 2025 une contribution de 300 yens aux visiteurs venus de l'étranger — étrangers résidant au Japon exceptés — somme portée à 500 yens depuis mars 2026. L'Agence du tourisme japonaise (観光庁) a d'ailleurs lancé en mars 2026 un groupe d'experts chargé de définir des lignes directrices nationales pour cette tarification différenciée.
Pour en revenir au Nijō, la municipalité prévoit de soumettre en novembre 2026 à l'assemblée municipale un projet de révision de l'ordonnance correspondante. Si le texte est adopté, les nouveaux tarifs seront appliqués à partir de l'exercice 2027 (avril 2027).
Pourquoi cette hausse ?
Les recettes supplémentaires générées par le tarif majoré seront intégralement consacrées aux coûts de préservation et de rénovation des installations du château, dont la gestion relève directement de la municipalité.
Le château de Nijō, construit au début du XVIIe siècle et célèbre pour ses « planchers rossignols » et pour ses intérieurs peints de l'école Kanō, exige un entretien coûteux et permanent.
La mesure s'inscrit dans un contexte de tension croissante autour du surtourisme à Kyōto. La ville expérimente depuis 2024 un système de réservation obligatoire pour les visites privées de Gion et multiplie les initiatives pour mieux répartir les flux de visiteurs tout en finançant la préservation de son patrimoine. Faire payer le patrimoine par ceux qui viennent le voir, tout en le rendant plus abordable aux résidents, apparaît comme une réponse pragmatique à ce double défi.
Personnellement, cela ne me gêne pas, je suis allé au château d'Himeji cette année, malgré le doublement du prix d'entrée pour les touristes, et je ferai de même quand je retournerai au Nijō. Certes, je l'ai déjà visité deux fois, mais il fait partie des incontournables de la cité impériale et on ne parle que de 11€, même si je suis conscient que, mis bout à bout, les frais s'accumulent vite en voyage.