Vers une nouvelle réglementation des hébergements touristiques

Face à la hausse continue du tourisme et aux plaintes croissantes des habitants, l'Agence japonaise du tourisme s'apprête à modifier sa position concernant les hébergements touristiques de type minpaku (1).

Selon des informations révélées par Kyodo News, l'agence prévoit d'informer les collectivités locales qu'elles peuvent instaurer des restrictions très strictes, voire interdire de fait cette activité dans certaines zones par le biais d'ordonnances locales.

Sortie du Kiyomizu-dera à Kyōto

Jusqu'à présent, le gouvernement considérait qu'une interdiction locale des minpaku était contraire à l'esprit de la loi sur l'hébergement privé. Cette législation, entrée en vigueur en 2018, autorise les propriétaires à louer des logements ou des chambres à des touristes pendant un maximum de 180 jours par an. Elle a été créée afin d'encadrer un secteur en pleine expansion tout en répondant aux problèmes de bruit, de déchets et de cohabitation avec les riverains.

La nouvelle notification, qui devrait être envoyée aux collectivités locales avant la fin du mois de juin, préciserait que des limitations peuvent être mises en place lorsque l'augmentation du nombre de minpaku risque de dégrader le cadre de vie des habitants. Les zones résidentielles ainsi que les abords des établissements scolaires sont particulièrement visés.

Le texte indiquerait également que les collectivités peuvent restreindre des établissements déjà en activité si des nuisances ont été constatées. Parmi les mesures envisagées figurent l'installation obligatoire de sonomètres afin de contrôler le niveau sonore ainsi que la mise en place de caméras de surveillance.

La pagode du Hokan-ji à Kyōto

Le Japon connaît depuis plusieurs années une forte croissance du nombre de visiteurs étrangers. Si les minpaku ont contribué à augmenter les capacités d'hébergement, ils sont aussi devenus une source de tensions dans certains quartiers où les habitants dénoncent le bruit, les déchets et les comportements inadaptés de certains visiteurs. La loi de 2018 prévoyait déjà la possibilité pour les collectivités d'adapter certaines règles locales, mais l'État jugeait jusqu'ici qu'une interdiction pure et simple n'était pas appropriée.

Cette évolution marque donc un changement notable dans l'approche du gouvernement, qui semble désormais accorder davantage de poids à la protection du cadre de vie des résidents qu'au développement du secteur des locations touristiques privées.

Dans le même temps, le gouvernement prévoit de mettre en place à titre expérimental un centre d'appel chargé de recevoir les plaintes liées aux nuisances nocturnes, notamment le bruit. Cette mesure s'inscrit dans une stratégie plus large visant à renforcer le contrôle des exploitants et à mieux répondre aux préoccupations des habitants.

NOTE

(1) Les minpaku (民泊) sont les équivalents japonais des locations touristiques proposées sur des plateformes comme Airbnb.

SOURCES

english.kyodonews.netmainichi.jp/english

PHOTO DE COUVERTURE

Le Kiyomizu-dera (清水寺) à Kyōto © Le Japon et moi - 2026

HORS MENTION CONTRAIRE, LES PHOTOS DE CET ARTICLE ONT ÉTÉ PRISES PAR DOMINIQUE POUR LE JAPON ET MOI

Vers une nouvelle réglementation des hébergements touristiques
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article