Le début de l'année 2026 marque un tournant inquiétant dans la cohabitation entre l'homme et la faune sauvage au Japon. Dès la sortie de l'hibernation en mars, les signalements d'ours et les agressions se multiplient à un rythme alarmant, touchant désormais le cœur des zones résidentielles.
Selon les statistiques du ministère de l'Environnement, l'année 2025 a déjà établi un triste record avec 238 victimes, dont 13 décès. La tendance se confirme en ce printemps 2026 : le mois d'avril enregistre son plus lourd bilan en cinq ans. Par exemple, le 21 avril, dans la ville de Shiwa (préfecture d'Iwate), un policier est attaqué alors qu'il participe à des recherches, tandis que le corps d'une femme, victime d'un ours, est découvert à proximité.
Pour rappel, deux espèces sont impliquées dans ces incidents. L'ours brun (Higuma, 羆) à Hokkaidō (北海道) et l'ours noir d'Asie (Tsukinowa-guma, ツキノワグマ) sur le reste de l'archipel. À Shimamaki, un ours brun de deux mètres fait preuve d'une ténacité rare en chargeant un chasseur malgré plusieurs tirs. Sur Honshū, les attaques se produisent jusque dans les quartiers résidentiels, comme à Toyama (富山) ou Sendai (仙台), où des spécimens sont capturés à proximité immédiate d'immeubles ou d'écoles.
Cette crise pousse les préfectures du Tōhoku (東北) à émettre des alertes précoces. Plusieurs facteurs expliquent cette incursion urbaine : la pénurie de nourriture en forêt, mais aussi l'accoutumance des animaux à la présence humaine dans des régions où la population diminue. Les maisons inoccupées et les déchets alimentaires deviennent des sources d'attraction pour des prédateurs qui ne craignent plus l'homme.
Face à cette menace, la prévention devient indispensable même en dehors des zones de montagne. Outre le port de clochettes et de sprays répulsifs, les autorités insistent sur la gestion rigoureuse des déchets, le verrouillage des bâtiments et le débroussaillage des abords des habitations pour supprimer les cachettes potentielles. Dans les cas les plus critiques, le "régime d'urgence relatif aux armes à feu" permet désormais aux maires de mandater des chasseurs pour intervenir rapidement en centre-ville.
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Comme vu plus haut, le bilan de l'année fiscale 2025 révèle l'ampleur de la crise : le Japon enregistre 13 décès et un nombre record de 216 attaques. Face à cette situation, les autorités japonaises ont procédé à l'abattage de plus de 14 000 ours sur l'ensemble du territoire, un chiffre jamais atteint auparavant. Cette mesure drastique vise à protéger les populations locales, alors que les incursions dans les zones habitées ne cessent de croître.
Le gouvernement japonais a également pris une décision administrative majeure en classant l'ours parmi les "espèces sauvages capturables par l'État". Ce changement de statut permet aux préfectures de bénéficier de subventions gouvernementales pour financer les opérations de capture et de surveillance. L'objectif est double : réduire la densité de population des plantigrades à proximité des villes et prévenir de nouveaux drames alors que les ours s'habituent de plus en plus à la présence humaine.
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© yuki_alm_misa / Flickr - CC BY-NC-SA 2.0