Le Kenpō Kinenbi ou Jour de la Constitution

Le 3 mai, le Japon célèbre le Kenpō Kinenbi (憲法記念日), ou Jour de la Constitution. Ce jour férié, qui s'inscrit au cœur de la Golden Week, est bien plus qu'une simple pause printanière : il marque un tournant historique majeur pour l'archipel.

Le Kenpō Kinenbi commémore l'entrée en vigueur de la Constitution actuelle du Japon, le 3 mai 1947. Rédigée durant l'occupation alliée après la Seconde Guerre mondiale, elle remplace la Constitution de Meiji (明治憲法, Meiji Kenpō).

Ce texte repose sur trois piliers fondamentaux :

  • La souveraineté populaire : l'Empereur perd son statut de souverain absolu pour devenir le "symbole de l'État et de l'unité du peuple".
  • Le respect des droits de l'homme : une garantie des libertés individuelles sans précédent dans l'histoire du pays.
  • Le pacifisme : via le célèbre Article 9, le Japon renonce officiellement à la guerre et à l'usage de la force pour régler les différends internationaux.

Bien que le sujet soit hautement politique, l'ambiance du 3 mai est paradoxale. Pour la majorité de la population, c'est avant tout un moment de détente. Toutefois, le caractère solennel de la date reste présent dans l'espace public.

  • Ouverture de la Diète : c'est l'un des rares moments de l'année où le Bâtiment de la Diète nationale (国会議事堂, Kokkai Gijidō) à Tōkyō ouvre plus largement ses portes au public. Les visiteurs découvrent les chambres législatives et le fonctionnement de la démocratie japonaise.
  • Conférences et débats : de nombreux symposiums s'organisent à travers le pays. Le 3 mai est traditionnellement le moment où les partisans et les opposants à une révision de la Constitution font entendre leur voix dans les médias.
  • Festivals locaux : de nombreux festivals coïncident avec cette date, comme le Hakata Dontaku (博多どんたく) à Fukuoka, l'un des plus grands festivals du pays, ou le Mino Takehana Matsuri (美濃竹鼻まつり) à Gifu et ses chars centenaires.
POUR ALLER PLUS LOIN

Après la reddition de 1945, le Général Douglas MacArthur, agissant en tant que Commandant suprême des forces alliées (GHQ), juge les propositions de réforme du gouvernement japonais trop conservatrices. Il charge alors son équipe, composée d'une vingtaine de civils et militaires américains, de rédiger un nouveau texte.

Cette équipe travaille dans le plus grand secret et achève le projet en seulement une semaine, en février 1946. Parmi les rédacteurs figure Beate Sirota Gordon, une jeune femme de 22 ans qui vécut au Japon et qui insiste pour inclure des articles garantissant explicitement les droits des femmes (notamment l'article 24 sur l'égalité au sein du mariage).

Ce texte, initialement rédigé en anglais avant d'être traduit en japonais, est souvent qualifié par ses détracteurs de Oshitsuke Kenpō (押し付け憲法), la « Constitution imposée ». Pour ses défenseurs, elle est au contraire la "Constitution de la Paix" qui permit au pays de se reconstruire et de prospérer sans conflit armé.

Malgré cette origine étrangère, le texte n'a jamais été amendé d'une seule virgule depuis son entrée en vigueur, témoignant d'une appropriation profonde par la population japonaise au fil des décennies.

SOURCE

nippon.com/fr/

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© Chris 73 / Wikipedia.org - CC BY-SA 3.0

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