C’est un séisme politique comme l’archipel n’en avait pas connu depuis longtemps. Le dimanche 8 février 2026, la Première ministre Takaichi Sanae (高市 早苗) a transformé son pari risqué en un triomphe total. En convoquant des élections anticipées en plein hiver, malgré les critiques sur les difficultés logistiques liées aux fortes neiges, la première femme à diriger le Japon a obtenu le mandat clair qu’elle réclamait.
Les résultats définitifs confirment l'ampleur du raz-de-marée. Le Parti Libéral-Démocrate (PLD) a remporté à lui seul 316 sièges, pulvérisant la majorité absolue fixée à 233. Pour retrouver une telle domination d'un parti unique, il faut remonter quarante ans en arrière, lorsque Nakasone Yasuhiro (中曽根 康弘) avait décroché 300 sièges en 1986.
/image%2F6962016%2F20260211%2Fob_3901ea_2951696.png)
La coalition gouvernementale, complétée par les 36 sièges du Parti de l’Innovation (Nippon Ishin no Kai), culmine désormais à 352 sièges à la Chambre basse. Ce chiffre dépasse largement le seuil fatidique des deux tiers (310 sièges), offrant à la Première ministre une "supermajorité" qui change radicalement la donne législative.
Invitée au micro de la NHK, Takaichi Sanae n'a pas caché son émotion ni sa détermination. Elle a déclaré vouloir mettre en œuvre sans attendre ses réformes pour rendre le Japon "fort et prospère". Ce programme, qui mêle relance économique massive et fermeté diplomatique, semble avoir convaincu un électorat pourtant marqué par l'inflation.
Le taux de participation, établi à 56,23 %, témoigne d'une mobilisation correcte pour un scrutin hivernal, portée par ce que les médias japonais appellent désormais la Sanakatsu (la folie Sanae).
Takaichi Sanae dépose des badges en forme de fleur à côté des noms des candidats dont la victoire est assurée au centre de dépouillement, au siège du Parti libéral-démocrate, dans le quartier de Nagatachô, à Tokyo, dans la nuit du 8 février 2026. © Jiji