Des grafitis sur les bambous de la bambouseraie d’Arashiyama

Les autorités de Kyōto et une association locale ont coupé une partie de la célèbre bambouseraie d’Arashiyama pour enrayer la vague de graffiti gravés dans les tiges. Environ vingt bambous ont été abattus de chaque côté de l’allée pour ouvrir l’espace et décourager les visiteurs de s’approcher des plants. En octobre, un relevé de la ville a recensé près de 350 bambous abîmés.

Basile Morin - CC BY-SA 4.0

Sur les trente mètres de parcelle communale concernés, quatre tiges coupées étaient déjà dégradées. La municipalité précise qu’elle évaluera l’effet visuel de cette intervention avant d’envisager d’autres suppressions. Les inscriptions nuisent à la santé des bambous et enlaidissent ce site touristique emblématique.

L’abattage est confié à une association environnementale locale et doit être validé par la ville, la bambouseraie étant classée site historique. Les habitants tentent déjà de contenir les dégradations en masquant les graffiti avec du ruban adhésif et en distribuant des flyers en plusieurs langues pour rappeler de ne pas entailler les tiges.

Cette opération cherche à protéger à la fois le paysage et la viabilité écologique d’un lieu dont la beauté attire chaque année des millions de visiteurs, preuve que même les forêts mythiques ont besoin d’un peu de défense contre les pulsions gravatoires de certains voyageurs.

 

 

La bambouseraie d’Arashiyama

La bambouseraie d’Arashiyama (嵐山) se situe dans le quartier d’Ukyō (右京区), à l’ouest de Kyōto (京都). Elle est connue pour son allée centrale bordée de mōsō-chiku (孟宗竹, Phyllostachys edulis), une espèce de bambou pouvant atteindre plus de dix mètres de hauteur. Le site fait partie de la zone paysagère d’Arashiyama–Sagano (嵐山・嵯峨野), classée lieu historique et paysage d’intérêt national par les autorités japonaises.

Le chemin principal, d’une longueur d’environ 400 mètres, relie le quartier de Saga (嵯峨) au Tenryū-ji (天龍寺). La densité des tiges crée un couloir sombre et régulier, caractéristique des boisements de bambous exploités et entretenus de façon traditionnelle. Plusieurs zones sont privées et gérées par des propriétaires locaux, d’autres relèvent de la ville de Kyōto.

La bambouseraie est ouverte en permanence et accessible gratuitement. Elle connaît une fréquentation touristique élevée, particulièrement au lever du soleil et en fin de journée. Les autorités locales rappellent régulièrement que le bambou est sensible aux entailles et aux inscriptions gravées, et elles mettent en place des mesures de protection pour limiter les dégradations liées au tourisme. Ce site reste l’un des paysages les plus photographiés de Kyōto grâce à sa structure linéaire et à la hauteur uniforme des tiges.

Benh Lieu Song - CC BY-SA 2.0

J'ai, bien entendu, prévu une halte à la bambouseraie et au temple Tenryū-ji en 2026, le temple se trouvant littéralement au seuil de la forêt de bambous : la sortie nord de son jardin mène directement vers l’allée principale, ce qui permet de passer d’un site à l’autre en quelques pas.

Le Tenryū-ji, fondé en 1339 et classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, offre un cadre très différent de la densité verticale de la bambouseraie. Le jardin Sōgen-chi (曹源池庭園), conçu autour d’un étang central, conserve l’esthétique du XIVᵉ siècle, avec ses compositions minérales et la montagne d’Arashiyama en toile de fond. L’ensemble reste l’un des exemples les plus aboutis du jardin zen de l’époque Muromachi.

SOURCE

english.kyodonews.net

PHOTO DE COUVERTURE

Casey Yee - CC BY-SA 2.0

Des grafitis sur les bambous de la bambouseraie d’Arashiyama
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